EPFL - Ecole Polytechnique Fédérale

EPFL: Une technique révolutionnaire pour accélérer les diagnostics médicaux et la création de médicaments

Nanotechnologie dans la médecine et la chimie      

Lausanne (ots) - Les scientifiques de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne viennent de mettre au point une technique révolutionnaire qui pourrait déboucher sur des applications très prometteuses en médecine et en chimie. De par sa rapidité, cette nouvelle méthode devrait considérablement accélérer les diagnostics et la création de médicaments. Une découverte dont l'importance n'a pas échappé à la revue allemande de référence « Angewandte Chemie » qui en a fait sa couverture.

    « Diagnostiquer une maladie infectieuse en quelques minutes seulement, alors que celle-ci peut se révéler fatale en quelques heures, voici l’une des applications futures de cette nouvelle technique », Dimitrios Stamou, docteur au Laboratoire de chimie physique des polymères et membranes, fait part de sa découverte avec enthousiasme. Pour élaborer un diagnostic, une seule goutte de sang, prélevée sur le malade, suffira à identifier le type de virus ou de bactérie à l’origine du mal. Le diagnostic de la maladie pourra être établi à partir de l’analyse, extrêmement rapide, des interactions de cette goutte de sang avec toutes les molécules signalant la présence de bactéries et de virus.

Analyse des interactions entre molécules différentes

    Jusqu’à présent, les laboratoires et les entreprises pharmaceutiques utilisaient une méthode fondée sur la mise en évidence de l’assemblage possible, en milieu liquide, de diverses sortes de molécules déposées sur une surface, autrement dit une analyse en deux dimensions. La nouveauté de la méthode consiste - en enfermant les molécules dans des nanovésicules, « petits sacs » minuscules en trois dimensions - non seulement à analyser si des molécules différentes s’assemblent entre elles, mais également à observer les réactions suscitées par ces assemblages. Deux autres avantages à signaler : étant donné la dimension infime de ces contenants, une quantité extrêmement petite de réactif (substance qui peut réagir avec une ou plusieurs espèces chimiques) est nécessaire à une analyse. Par ailleurs, un nombre très important de vésicules peuvent être testées en même temps sur une surface minuscule.

Tester des molécules biologiques ou chimiques

    L’expérience a été menée, en milieu liquide, avec une centaine de vésicules de l’ordre du millionième de millimètre, les nanovésicules. Constitués à partir de lipides, le même matériau que la membrane des cellules, ces « petits sacs » sont intégralement compatibles avec les molécules biologiques et chimiques. Lors de l’expérience, les molécules en question sont donc enfermées, en quantités infimes, dans les nanovésicules. Selon un procédé connu, l’« auto-assemblage », les vésicules se disposent d’elles-mêmes sur la minuscule surface de verre prévue. L’une des molécules à analyser est ensuite injectée dans la solution afin de tester, en quelques minutes à peine, sa liaison, ou non, avec les autres molécules renfermées dans les sacs, ainsi que les réactions chimiques en découlant. L’observation, extrêmement rapide, des interactions entre des centaines de molécules, va permettre d’accélérer la création de médicaments de manière significative. D’autant plus que, d’ici quelques années, il sera possible d’observer ces interactions sur des millions de molécules différentes.

Informations complémentaires

Dimitrios Stamou, docteur en chimie physique : 021-693 31 46 Horst Vogel, professeur en chimie physique des polymères et des membranes : 021-693 31 55 Article de la revue « Angewandte Chemie », High-density libraries of attoliter molecular vessels », Dimitrios Stamou, Claus Duschl, Emmanuel Delamarch, Horst Vogel



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