Eidg. Volkswirtschaftsdepartement (EVD)

EVD: « Formation-innovation-promotion des PME: trois moteurs essentiels du retour à la croissance»

    Berne (ots) - Discours du Conseiller fédéral Joseph Deiss, chef du Département fédéral de l’économie, prononcé lors de l’assemblée générale de l’Association pour le développement économique du district de Porrentruy

Porrentruy, le 6 juin 2003

Embargo 17h 06.06.03

    Seule la version orale fait foi !

Mesdames, Messieurs

    Vous avez certainement pris connaissance des chiffres publiés hier par le seco. Rien ne sert de s’en cacher : le mal est là, il faut retrousser les manches et se mettre au travail pour retrouver le chemin de la croissance. Des « dix piliers » de ma politique de croissance, la formation, l’innovation et la promotion des PME sont des priorités. Ce soir, une semaine avant la publication de nos idées en matière de politique d’innovation et d’encouragement de l’esprit d’entreprise, j’aimerais aborder avant tout la question de la formation et de l’innovation, à l’exemple du Jura, et dire quelques mots concernant notre politique de promotion des PME, que j’ai présentée le 23 mai. L’économie jurassienne: une culture d’adaptation et de flexibilité L'économie jurassienne se caractérise par un secteur industriel relativement important. Les entreprises jurassiennes sont fréquemment actives dans la sous-traitance. Elles sont souvent spécialisées et actives au niveau mondial.

    Cette forte présence dans les activités de sous-traitance rend l’économie jurassienne particulièrement sensible à la situation conjoncturelle. A cela s’ajoute un taux de croissance plus faible de la population jurassienne par rapport à la moyenne suisse, une augmentation de l'écart de niveau de vie avec la Suisse, et une pression fiscale plus lourde que la moyenne nationale.

    A l’image de la Suisse, le Jura a bien des défis à relever. On le sait. Mais au lieu de s’apitoyer, il faut passer à la mise au point et à la concrétisation des recettes.

    Par le passé, le Jura s’est distingué par sa capacité à rebondir au cours des différentes crises qu’il a traversées. Les chances de succès de l'économie jurassienne sont bonnes. Avec le projet « Jura pays ouvert », vous attirerez de nouvelles activités à haute valeur ajoutée. En participant au développement d’un réseau comme bioValley, vous renforcerez encore votre capacité d’innovation. Grâce au centre de ressources CREAPOLE, à l’encouragement de l’esprit d’entreprise, vous mettez un accent déterminant pour nos chances à moyen et long terme. Vous pouvez être fiers de ces initiatives. Et je félicite le Ministre Jean-François Roth. Non pas parce qu’il préconise pour l’essentiel les mêmes remèdes que mon département. Mais parce qu’il fait œuvre de pionnier et que, par son engagement et son ouverture aux idées nouvelles, il ouvre de réelles perspectives à son canton. J’en viens à la politique d’innovation de la Confédération, en relevant deux aspects : les Hautes écoles spécialisées (HES) et la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI). Les HES : un maillon essentiel de notre système de formation La politique suisse de l’innovation repose en grande partie sur le développement qualitatif de nos hautes écoles supérieures. A côté des écoles polytechniques et des universités, les HES sont un maillon essentiel de la chaîne de l’innovation et de notre système de formation. En tant qu’institutions dynamiques et interdisciplinaires à l’écoute du monde du travail, les HES sont aujourd’hui une partie intégrante du paysage de nos hautes écoles. Mais il y a encore bien des défis à relever, bien des batailles à livrer dans les mois et les années à venir. Le Conseil fédéral veut renforcer la recherche appliquée et le développement ; il veut poursuivre les réformes de l'enseignement et notamment introduire le bachelor et le master ; il veut concentrer les filières et simplifier des structures de conduite encore trop lourdes. Il est essentiel pour les HES que la révision de la loi sur les HES aboutisse dans les meilleurs délais, car les HES doivent prendre ce virage. Elles doivent évoluer et se développer en parallèle des universités et des écoles polytechniques. Je reste donc déterminé à aller de l’avant et à réviser la loi dans les meilleurs délais Un mot concernant la Haute école de suisse occidentale. La HES-SO regroupe les établissements partenaires de bientôt sept cantons. Elle a installé son secrétariat général à Delémont. Créer une haute école spécialisée à cheval sur sept cantons souverains n’est pas une sinécure dans un pays aussi fédéraliste. Mais je constate que six ans après sa création, la HES-SO est encore trop marquée par ses origines: la fédération des anciennes écoles cantonales. Si nous voulons aller de l’avant, il faut maintenant définir une véritable stratégie commune à l’ensemble des établissements partenaires. Il faut faire de la HES-SO une seule et véritable haute école spécialisée de Suisse occidentale. La CTI : un instrument efficace de promotion de l’innovation La CTI est le principal instrument de mon département pour assurer le transfert de connaissances des écoles vers l’économie. Un transfert particulièrement nécessaire pour les PME, qui ne disposent que rarement de leurs propres laboratoires de recherche. Depuis 1986, la CTI a soutenu plus de 3700 projets de recherche appliquée et de développement. 5000 entreprises ont été impliquées, dont 80% sont des PME. La CTI a contribué à des succès éclatants, de la souris de Logitech aux recherches du professeur zurichois Kurt Wüthrich récemment couronné par le Prix Nobel. Elle a généré un volume de recherche équivalant à quelque 2,2 milliards de francs. Pour chaque franc investi par l'Etat dans la CTI, l’économie investit un franc cinquante. Dans le Jura, des entreprises de pointe comme les Ateliers Busch SA, à Chevenez, ou Louis Lang SA à Porrentruy bénéficient ou ont bénéficié du soutien de la CTI. Les réalisations et le potentiel de la CTI n’ont jusqu’à présent pas suffisamment été mis en évidence. Je veux rendre la CTI performante et visible, et je m’engagerai sans compter pour lui obtenir les moyens nécessaires. Ce qui manque en revanche cruellement, c’est une véritable culture entrepreneuriale, un certain goût du risque. L’encouragement de l’innovation n’a aucun sens si elle n’est pas accompagnée d’un certain esprit d’entreprise. Là aussi, la collectivité publique peut jouer un rôle. Le canton du Jura le fait avec succès dans le cadre de Créapole. C’est un exemple à suivre. Vendredi prochain, je proposerai un certain nombre de mesures qui vont dans le même sens et ne vais donc pas entrer dans les détails. Notre politique de promotion des PME : plus d’esprit d’entreprise et moins de charges administratives Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet, car les propositions de mon département ont été largement reprises par la presse. Nous voulons offrir aux PME un cadre législatif et fiscal plus favorable et leur simplifier la vie dans leurs relations avec les autorités. Nous serons actifs dans 5 domaines : allégements administratifs ; cyberadministration ; création et financement ; transfert de savoir; exportation. Pour les détails, je vous renvoie à notre brochure, dont j’ai emporté une cinquantaine d’exemplaires, et je suis volontiers prêt à répondre à vos questions. Il y a du travail, notamment parce que beaucoup d’aspects relèvent d’autres départements ou des cantons. Mais je peux vous assurer d’une chose : je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que nos PME puissent se développer et créer des places de travail. Conclusion Les 17 milliards de francs du budget Formation-Recherche- Technologie, s’ils sont engagés intelligemment, apporteront bien davantage que l’idée de programme de relance une fois de plus réchauffée par la gauche. L’argent investi dans la formation et la recherche n’a guère de sens s’il ne se traduit pas en résultats sur le terrain. L’argent de la recherche et de la formation doit, directement ou indirectement, contribuer à la compétitivité de nos entreprises, à notre prospérité, à la création de places de travail. Nous ne devons pas seulement être les premiers à développer des connaissances, nous devons aussi être les premiers à lancer nos découvertes sur le marché. Sans formation de pointe, sans innovation, pas de nouvelles places de travail. Notre politique de formation, la promotion de l’innovation et la bonne forme de nos PME seront décisifs pour que la Suisse retour le chemin de la croissance. Je m’engagerai pour que ces trois moteurs soient bien alimentés et qu’ils tournent rond.

Je vous remercie de votre attention



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