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08.12.2020 – 06:02

ZHAW - Zürcher Hochschule für angewandte Wissenschaften

Voici les mots de l'année 2020 en Suisse

Voici les mots de l'année 2020 en Suisse
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Communiqué de presse | Winterthour, le 8 décembre 2020

ZHAW Département de linguistique appliquée

Voici les mots de l’année 2020 en Suisse

Coronagraben est le mot romand de l’année 2020, suivi de gestes barrières et de luttes.

En une année marquée par la pandémie, en Suisse comme ailleurs, la mosaïque des mots choisis dans les quatre régions linguistiques du pays s’articule essentiellement autour de la crise sanitaire. Toutefois, des différences existent, subtiles : de la pandemia italophone à l’adjectif systemrelevant en Suisse alémanique en passant par le romanche mascrina, ces mots révèlent les divers angles de vue qui ont occupé l’esprit et le discours helvétiques en 2020.

Douze mots pour quatre langues

Si le mot de l’année existe en Suisse alémanique depuis 2003, il a fallu attendre 2017 et l’Université des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) pour qu’il revête véritablement une dimension nationale, avec un mot romand en 2017, puis un mot en italien en 2018. Enfin, en 2019, le mot de l’année romanche, élu en partenariat avec la Lia Rumantscha, est venu compléter le carré.

Chaque année depuis 2017, un large corpus numérique de textes suisses (Swiss-AL), compilé par les chercheur·e·s de la ZHAW, a permis d’établir une liste de mots particulièrement fréquents en comparaison des années précédentes. Cette liste a servi de base aux délibérations de chacun des jurys afin de déceler ces mots qui font la Suisse de 2020. C’est ensuite ce même corpus qui a permis de retracer l’évolution récente des mots choisis pour mettre en lumière les réalités dont ils témoignent et même qu’ils construisent (voir encadrés ci-dessous).

Le jury francophone se composait de linguistes aux spécialisations diverses, de journalistes, d’enseignant·e·s de français, de responsables de communication et d’artistes, multipliant les perspectives : scientifique, pratique, artistique. Or, le palmarès de cette année reflète, au-delà d’un simple résumé de la crise sanitaire, des préoccupations tangibles dans tous les domaines. Coronagraben nous parle de différence mais aussi de créativité linguistique, gestes barrières traduit un bouleversement dans notre manière d’aller à la rencontre d’autrui, et luttes insiste sur la pluralité des combats que nous avons menés ou vu mener, souvent bien au-delà de la thématique presque imposée de la crise sanitaire.

Le projet « Mot suisse de l’année » et la compilation du corpus Swiss-AL sont menés par le Département de linguistique appliquée de la ZHAW.

Mots romands de l’année

Première place : coronagraben

Bien sûr, 2020 restera l’année de la pandémie. Nouveau virus, nouvelle situation, nouveaux mots : le ou la COVID-19, covidiots, coronasceptiques… une ribambelle de néologismes a fleuri au fil de l’année, nous rappelant la créativité de la langue et de l’esprit humain en ces temps difficiles. Ainsi le contexte suisse de 2020 a-t-il vu naître coronagraben, issu de l’emprunt à l’allemand röstigraben. Ce terme, qui souligne tantôt les désaccords entre cantons alémaniques et romands quant aux mesures sanitaires à prendre ou à abandonner, tantôt les fortes variations du nombre de cas selon les régions linguistiques, traduit en filigrane la relation au fédéralisme suisse et à ses mécanismes. Mais surtout, il montre que nous avons tou·te·s vécu une réalité différente selon notre région linguistique.

Deuxième place : gestes barrières

Masque, gel hydroalcoolique, se laver les mains pendant 30 secondes, se saluer du pied, aérer les lieux clos, éviter les foules… 2020 aura modifié en profondeur nos comportements, à tel point que certain·e·s ont déjà intégré leurs gestes barrières jusque dans leurs rêves – tandis que d’autres s’offusqueront intérieurement de voir des personnages de film s’embrasser et se donner la main. La notion de transgression même s’en trouve chamboulée : se faire la bise, souffler une bougie frôlent la rébellion. Si ces gestes barrières semblent s’être installés pour de bon dans nos habitudes, leur nom met en avant le paradoxe incommodant qui empreint la société de 2020 : une barrière pour entrer en contact, un geste qui nous éloigne pour nous permettre de nous rapprocher.

Troisième place : luttes

On aura beaucoup entendu parler de la lutte – contre la pandémie, le plus souvent dans les discours publics des autorités sanitaires et politiques. Comme si en 2020, combattre le virus avait écrasé, relégué, nullifié toutes les autres luttes. Et pourtant, elles n’ont pas cessé : la lutte pour le climat, la lutte féministe, et la lutte anti-raciste avec le mouvement Black Lives Matter ne sont que des exemples de causes qui ont poussé de nombreux·ses citoyen·ne·s à braver le risque sanitaire pour manifester et agir. Plus que jamais, la conscience d’un monde imparfait et le désir de changement ont marqué 2020 en Suisse. Or, le pluriel atteste aussi d’un autre type de lutte : la lutte de chacun·e pour survivre physiquement au virus, financièrement aux fermetures ou encore psychologiquement à l’isolement. Ainsi luttes exprime-t-il l’intense pluralité des combats que tou·te·s ont menés en 2020.

Wort des Jahres Schweiz

Platz 1: systemrelevant

Applaus und Überlastung, Streikgedanken und Abgrenzungsfragen – Unruhe kommt ins System mit der Einstufung des Bundesrates, welche Sektoren unabdingbar sind für das Wohlergehen der Gesellschaft und das Funktionieren der Wirtschaft. Überlange Arbeitszeiten einerseits, Kurzarbeit und zunehmende Konkurse anderseits führen zu verschiedenen Forderungen: höhere Grundlöhne, mehr Anerkennung und finanzielle Entschädigungen für die coronabedingten Ausfälle. Und gleichzeitig beschäftigt die Frage: Sind wir nicht alle relevant in diesem System?

Platz 2: Maskensünder

Wer ohne Gesichtsmaske unterwegs ist, wird als Maskensünder bezeichnet. Denn es gilt eine schweizweite Maskenpflicht, ohne Wenn und Aber, unübersehbar, unüberhörbar. Um uns gegenseitig zu schützen, sollen wir Hygienemasken, industriell gefertigte Textilmasken oder medizinische Gesichtsmasken tragen, die Mund und Nase bedecken. Während die einen die Maske als zentrale Massnahme in der Pandemiebekämpfung erachten, sehen die anderen darin einen Eingriff in ihre persönliche Freiheit. So oder so: Gebüsst wird, wer oben ohne ist.

Platz 3: stosslüften

Es zieht durch die Zimmer und Gänge, durch die Haare pfeift ein eisiger Wind – wir sind am Stosslüften. Was bisher von Vermietern in der kalten Jahreszeit propagiert wurde, um Heizkosten zu sparen, erfährt eine neue Bedeutung in der Coronakrise. Vor allem in den Schulen müssen die Zimmer vermehrt gelüftet werden, um das Ansteckungsrisiko zu mindern. Die Kinder lernen dabei en passant, dass es sich auch besser denken lässt mit frischer Luft. Und so denken sich wohl viele, die nun leicht fröstelnd hinter ihrer Maske im Durchzug sitzen, wie schön es sein wird zurück in der Normalität.

Parole svizzere dellanno

Primo posto: pandemia

In Svizzera, il primo caso di infezione da coronavirus si è registrato in Ticino il 25 febbraio 2020 e la prima vittima si è avuta nel canton Vaud il 5 marzo seguente. Da allora, il tema della pandemia ha occupato quotidianamente e massicciamente il discorso pubblico in Svizzera. Ogni giorno intere pagine dei giornali hanno affrontato la questione sotto molteplici aspetti: medico-sanitario, statistico, sociale, economico, politico. Il sistema sanitario di molte nazioni è stato messo duramente alla prova. Tutte le altre tematiche, pur importanti – come da ultimo le elezioni presidenziali o il movimento Black Lives Matter negli Stati Uniti – sono state poste in secondo piano o quantomeno non hanno avuto quella dovuta attenzione che meritavano. La pandemia ha modificato le nostre abitudini, il nostro stile di vita, i nostri ritmi quotidiani. È come se ci fosse un prima e un dopo la pandemia: il prima lo conosciamo, e forse ci manca, il dopo è pieno di interrogativi.

Secondo posto: responsabilità

La responsabilità, intesa soprattutto in senso individuale, è la via svizzera nella lotta contro il coronavirus. “La responsabilità salva vite umane. Fai la scelta giusta, resta a casa”, diceva un messaggio del Consiglio di Stato ticinese e dello Stato Maggiore Cantonale di Condotta. La responsabilità è un richiamo che ci permette di parlare di una scelta civica del singolo a favore di chi è soggetto ai maggiori rischi di contrarre il virus. Vi è però anche una responsabilità collettiva, che consiste in una serie di misure e provvedimenti da parte delle autorità politiche a sostegno di quanti rischiano di essere socialmente emarginati allo scopo di evitare una lacerazione del tessuto sociale. Inoltre, “responsabilità” consente di andare oltre il tema della pandemia. Negli ultimi mesi in Svizzera si sono confrontati i sostenitori e i contrari all’Iniziativa per multinazionali responsabili. Anche in questo ambito il tema della responsabilità (d’impresa) è stato al centro del discorso pubblico.

Terzo posto: distanza

Nel corso del 2020 la distanza ha occupato le nostre esistenze. Con la diffusione della pandemia il suo significato ha assunto una connotazione molto ampia. Si parla di distanza dagli affetti e dalle persone più care; di distanza fisica (un metro e mezzo, due metri) per evitare il rischio di contagio; di distanza dal luogo fisico di lavoro; di distanza sociale (dai nonni, dalle persone anziane, dalle persone più a rischio ecc.); di riunioni o incontri a distanza tramite le diverse piattaforme di comunicazione e collaborazione condivisa; di didattica a distanza (le lezioni in presenza, in particolare nelle scuole medie superiori e nelle università, sono divenute una rarità). Tutto avveniva, e avviene, a distanza. Probabilmente, il Natale di quest’anno ci vedrà distanti dai nostri affetti e dalle persone più care. Alla nuova familiarità con questo concetto, alla quale siamo stati inaspettatamente costretti, non si è potuta sottrarre nemmeno la parola dell’anno, che per il 2020 è stata scelta, appunto, a distanza.

Pled rumantsch da l’onn

Emprim plaz: mascrina

Cun la furma diminutiva d’in pled reusseschi a las Rumantschas ed als Rumantschs da render pli charina e pli bella ina chaussa ch’è atgnamain insatge uschè grond ch’i cuvra la mesadad da nossa fatscha. E cun il pled “mascrina” differenziescha la lingua rumantscha cleramain la mascra da tschaiver u la mascra da cosmetica da quest object che tutga dapi quest onn da pandemia tar la gardaroba dad in e scadin. La mascrina devi gia avant il coronavirus, ma pir cun la pandemia actuala è ella s’etablida en l’entir mund. En la banca da datas linguisticas da la ZHAW cumpara la mascrina ensemen cun “obligatori”, “duvrar”, “butia” eav. Il pled è cumparì la primavaira 2020 cun l’erupziun da la pandemia en Svizra en connex cun la dumonda, schebain i gidia da purtar ina mascrina u betg. La tematica da la mascrina è restada actuala durant l’entir onn, e la fin finala èn las mascrinas schizunt daventadas obligatoricas en divers secturs.

Segund plaz: extraordinari

Extraordinari è forsa il fatg che la giuria è sa decidida cun quest pled per in adjectiv en la retscha dals pleds da l’onn. Quai è l’emprima giada insumma ch’in adjectiv rumantsch survegn questa distincziun. Dentant è il 2020 stà en mintga cas in onn extraordinari. Igl ha dà sesidas extraordinarias, decisiuns extraordinarias e situaziuns extraordinarias. Ma cun s’adattar a las novas circumstanzas han ins era pudì far experientschas extraordinarias – quai tenor il proverbi tudestg: “Situaziuns extraordinarias pretendan mesiras extraordinarias.” Tgi avess pensà che scolastas e scolasts instrueschian lur scolaras e scolars gia l’onn 2020 sin distanza? E tgi avess siemià da star la stad 2020 sin ina muntogna sin 3’000 m s.m. enstagl insanua sper la mar? E tge experientscha extraordinaria avais Vus fatg durant il 2020?

Terz plaz: positivitad

Quest pled ha duas varts. Ozendi n’èsi insumma betg bun, sch’ins fa in test da corona e quel è positiv. La rata da positivitad è memia auta. E tuttina èsi da restar positiv, sch’ins vul vegnir bain tras quest temp malsegir. L’expressiun “positivitad” n’ha betg fatg grondas undas en Rumantschia durant l’onn 2020. Pir a partir dal terz quartal – u cun il cumenzament da la segunda unda da la pandemia en Svizra – vegn scrit e discurrì savens da la positivitad. E quai bain savens en il senn negativ, pia en il connex cun la rata u la quota da positivitad.

De plus amples informations sont disponibles sur notre site internet

Pour tout complément d’information :

Daniel Perrin

directeur du projet « Mot suisse de l’année » et du Département de linguistique appliquée de la ZHAW

tél. 058 934 60 67, e-mail : daniel.perrin@zhaw.ch

Marlies Whitehouse

direction opérationnelle du projet « Mot suisse de l’année » et responsable du jury germanophone

Département de linguistique appliquée, ZHAW

tél. 058 934 61 69, e-mail : marlies.whitehouse@zhaw.ch

Elsa Liste Lamas

responsable du jury francophone

Département de linguistique appliquée, ZHAW

tél. 058 934 62 39, e-mail : elsa.liste@zhaw.ch

Angelo Ciampi

responsable du jury italophone

Département de linguistique appliquée, ZHAW

tél. 058 934 60 78, e-mail : angelo.ciampi@zhaw.ch

Daniel Telli

responsable du jury romanche

Manader Lingua, Lia Rumantscha

tél. 081 258 32 22, e-mail : info@rumantsch.ch

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