Chancellerie fédérale ChF

Allocution de Nouvel An du président de la Confédération Moritz Leuenberger

Zurich (ots) - Chères concitoyennes, chers concitoyens, Chers habitants de notre pays, Chers Suisses de l'étranger, La nouvelle année se présente sous les meilleurs auspices: - Notre économie a retrouvé la santé. - La paix en Europe est à portée de la main. - Le progrès technologique et l'ouverture du monde nous laissent entrevoir des perspectives insoupçonnées. Faisons en sorte que ce renouveau se traduise par un avenir meilleur pour tous. L'économie est en pleine mutation. En quelques minutes, le capital d'entreprises change de mains et se déplace d'un continent à l'autre, entraînant des emplois dans son sillage. Sur ce plan, les compagnies suisses sont parmi les mieux placées au monde. Les entreprises publiques, telles que la Poste, Swisscom, les CFF et les entreprises électriques doivent également être capables de réagir rapidement à l'évolution de la situation internationale. Elles quittent le giron de l'Etat: l'heure est à l'indépendance, au partenariat avec l'étranger ou à l'internationalisation. Elles offrent de nouveaux services comme l'accès à Internet pour tous, un train toutes les demi-heures sur les grandes lignes ferroviaires et les bureaux de poste mobiles. D'autres services, auxquels nous nous étions habitués, disparaissent. Des emplois sont supprimés mais d'autres, plus nombreux, sont créés, notamment dans l'informatique où des milliers de postes sont à pourvoir. Pour notre pays, comme pour les gens qui y vivent et y travaillent, cette évolution est plus qu'une nécessité. C'est une chance énorme. Pourtant, nombreux sont ceux qui craignent de perdre ce qu'ils ont et idéalisent le passé. Méfions-nous de la nostalgie. Le bon vieux temps n'est qu'un mythe. Depuis qu'il existe, notre pays a toujours eu la force de se transformer à son rythme - et à son avantage. La consolidation de la démocratie directe, la construction des réseaux routiers, ferroviaires et électriques, ainsi que la création des universités ne se sont pas non plus faites sans heurts. Certains trouvaient le progrès trop rapide. Il n'en demeure pas moins qu'il a amélioré la vie dans notre pays et fait de la Suisse un Etat compétitif sur la scène mondiale. Nous ne devons pas nous laisser guider par la peur, que ce soit la peur de l'autre ou celle de la nouveauté. La peur dessèche le coeur et paralyse la raison. Notre responsabilité est engagée, maintenant et pour l'avenir. Nous sommes responsables des gens et des régions qui pourraient faire les frais d'une mutation trop rapide. Il est de notre devoir à tous, de l'économie comme de l'Etat, de veiller à ce que le changement n'ait pas ses laissés-pour-compte, si nous voulons sauvegarder la cohésion de notre pays et faire en sorte que cette nouvelle ère soit une chance pour tous les habitants de la planète. Les auspices sont bons. Après avoir été un champ de bataille pendant des siècles, l'Europe montre un nouveau visage. Nous pouvons espérer qu'elle connaisse un millénaire de paix. C'est un objectif très ambitieux qui demande un engagement total. La Suisse doit faire sa part, en soutenant les jeunes démocraties des Balkans et en participant à la construction de la paix sur le terrain. Elle doit donc permettre à ses soldats présents au Kosovo de se défendre. Cette année, nous devrons voter sur cette question et nous débattrons également de notre adhésion à l'ONU. N'oublions pas notre responsabilité envers le monde et surtout, n'oublions pas que tout ce qui se passe sur la terre est notre affaire. Le monde s'ouvre à nous comme nous nous ouvrons à lui. Des barrières tombent également grâce à la recherche et à la technique. Nous avons désormais accès à des libertés que, dans un passé très récent, nous n'imaginions même pas dans nous rêves les plus fous. Le village global est né, grâce à Internet et aux télécommunications. Les progrès de la médecine sont toutefois bien plus radicaux et nous touchent de beaucoup plus près. On congèle des embryons. Les scientifiques ont décrypté le génome humain. Nous pouvons jouer avec l'idée de choisir le sexe, l'apparence, les aptitudes et le caractère de nos enfants, à notre convenance. Grâce aux transplantations d'organes et aux nouvelles thérapies, nous sommes capables de prolonger la vie. Mais en même temps, nous voulons pouvoir décider de l'heure de notre mort. Il s'agit là de questions extrêmement difficiles. Nombreux sont ceux qui se sentent dépassés. Quel usage faisons-nous de ces libertés? Où et dans quelle mesure l'Etat doit-il intervenir? Quelles sont les décisions qui relèvent de la conscience de chacun? Qui peut nous aider à trancher? Il ne s'agit pas là de problèmes philosophiques ou de conscience mais des nouvelles questions de société que nous nous posons tous - l'Etat, la science, l'église et l'économie - et auxquelles chacun d'entre nous devra répondre. Nous ne pouvons pas nous permettre de les éluder. N'oublions pas que dans notre démocratie, nous avons tous une responsabilité politique. Que notre contribution prenne la forme d'un engagement social, culturel, écologiste, politique, professionnel ou plus quotidien, il s'agit toujours d'une responsabilité envers la communauté. Peu importe les changements autour de nous, car notre objectif est toujours le même: Une Suisse d'échanges harmonieux entre les différentes cultures, une Suisse d'équité et de solidarité avec le monde; une Suisse où chacun traite son prochain comme lui-même et respecte ses adversaires; une Suisse où chacun se sent chez lui et en sécurité; une Suisse qui donne à tous la liberté d'agir et la possibilité de s'épanouir; une Suisse qui ne voit pas le changement seulement comme un risque mais comme une chance à saisir. Cette Suisse, il nous appartient de la bâtir. Nous avons devant nous un travail exaltant. Réjouissons-nous de l'année qui nous attend. Bonne et heureuse année! ots Originaltext : Chancellerie fédérale Internet : www.newsaktuell.ch

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