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10.06.2020 – 09:29

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La crise du coronavirus compromet la réalisation des objectifs de développement des Nations unies

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Plus de pauvreté et de violence, moins d’éducation et de soins médicaux: la pandémie de coronavirus entraîne non seulement une détérioration grave mais aussi durable de la situation des enfants du monde entier.

La crise du coronavirus compromet la réalisation des objectifs de développement des Nations unies

Plus de pauvreté et de violence, moins d’éducation et de soins médicaux: la pandémie de coronavirus entraîne non seulement une détérioration grave mais aussi durable de la situation des enfants du monde entier.

Berne - «Sans mesures immédiates pour amortir la crise du coronavirus pour les familles et les enfants, nous n’atteindrons pas les objectifs de développement des Nations unies d’ici 2030», déclare Erika Dittli, responsable des programmes internationaux chez SOS Villages d’Enfants Suisse. «Les familles qui viennent à peine de rompre le cercle vicieux de la pauvreté et de l’analphabétisme risquent d’essuyer un sérieux revers.»

Dittli part du principe que la pauvreté et la faim vont considérablement s’aggraver suite à la crise du coronavirus. La violence à l’égard des enfants en situation de confinement augmente également de façon constante, tandis que la possibilité de bénéficier d’une éducation et de soins médicaux continue de diminuer. Evaluation actuelle des objectifs de développement des Nations unies:

Pauvreté

Depuis 1990, le nombre de personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté est passé de 36 à 10%. «En raison de la crise économique mondiale, des millions de familles perdent actuellement leur seule source de revenu et ne sont plus en mesure de subvenir convenablement aux besoins de leurs enfants», souligne Dittli. Selon les estimations de l’Université des Nations unies, le nombre de personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté augmentera, en fonction du développement économique, de 80 à 420 millions. Cette année, la barre du milliard pourrait être dépassée et ce, pour la première fois depuis 2010.

Famine

Même avant le coronavirus, le nombre de personnes souffrant de la faim avait déjà augmenté pendant trois années consécutives. «Cette tendance s’est encore aggravée avec la crise du coronavirus. En effet, dans beaucoup de pays, perdre son emploi aujourd’hui à cause de la crise du coronavirus implique souffrir demain de la faim», explique Dittli. En outre, le changement climatique, les guerres ou d’autres catastrophes comme l’invasion de criquets en Afrique du Nord pèsent déjà lourdement sur de nombreux pays. Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies craint que dix millions d’enfants supplémentaires soient touchés par la malnutrition, soit une augmentation de 20%. Si les jeunes enfants sont sous-alimentés, cela entraîne souvent des dommages irréversibles ou même la mort à court terme.

Education

Les mesures liées au coronavirus prises au niveau mondial ont en partie entraîné la déscolarisation de plus de 90% des élèves. «Au lieu d’apprendre à la maison, beaucoup de ces enfants doivent retourner travailler dans les champs ou dans l’entreprise familiale», explique Dittli. Plus cette situation perdure, plus il est probable qu’un enfant ne reprendra jamais ses études. Avant la crise, 9% des enfants n’allaient pas à l’école dans le monde. «Nous craignons que ce nombre n’augmente à nouveau. Les filles en particulier sont en danger, car elles sont généralement les premières sacrifiées lorsque la famille n’a plus les moyens d’envoyer les enfants à l’école», explique Dittli.

Mortalité infantile

«Si les parents n’ont plus d’argent pour les médicaments et les produits d’hygiène et que, parallèlement, les systèmes de santé sont surchargés, une augmentation de la mortalité infantile est prévisible», déclare Dittli. Alors que le nombre annuel de décès chez les enfants de moins de cinq ans a diminué de plus de moitié depuis 1990, reculant de 12,7 millions à environ 5,3 millions, les prévisions actuelles des Nations unies indiquent qu’il pourrait à nouveau augmenter. Avant la crise du coronavirus, 15 000 enfants de moins de cinq ans mouraient en moyenne chaque jour dans le monde. Aujourd’hui, il pourrait y en avoir environ 6 000 de plus par jour. «La plupart de ces décès seront dus à des maladies évitables comme la diarrhée. Ce serait inimaginable chez nous», explique Dittli.

Violence, abus, exploitation

Comme le craint SOS Villages d’Enfants, même l’objectif déclaré des Nations unies de protéger tous les enfants contre la violence, les abus et l’exploitation d’ici 2030 ne pourra pas être atteint, au contraire: «Les familles nombreuses vivent à l’étroit et sont confrontées au chômage et à des craintes existentielles. C’est pourquoi, une augmentation de la violence domestique a été constatée depuis le début de la crise», rapporte Dittli. L’exploitation du travail des enfants ou les mariages forcés augmenteraient également. «Face au choix de laisser leur fille mourir de faim ou de se marier, de nombreux parents choisissent cette dernière solution», explique Dittli.

La conclusion du responsable des programmes SOS: «Si nous voulons, en tant qu’humanité, faire un pas en avant d’ici 2030 et nous remettre durablement de cette crise, nous devons investir dans la prochaine génération - dans l’éducation et dans le soutien aux familles. Parce que ce sont les enfants d’aujourd’hui qui décideront dans quelle mesure l’avenir sera durable et résistant à la crise.»

Contact
Nathalie Rutz, porte-parole Fondation SOS Villages d’Enfants Suisse 
Tel.: 031 979 60 64
E-Mail: nathalie.rutz@sos-kinderdorf.ch

SOS Villages d’Enfants
Dans plus de 135 pays, SOS Villages d’Enfants apporte la chaleur d’un foyer aux enfants en détresse et protège les enfants en danger de la perte de leur famille. La Fondation SOS Village d’Enfants Suisse est une organisation privée d’aide à l’enfance, indépendante sur le plan politique et religieux. Elle finance les programmes des villages d’Enfants SOS dans les pays en développement.
De plus amples informations sont disponibles à l’adresse www.sosvillagesdenfants.ch  

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