Union Syndicale Suisse USS

USS: Fière rétrospective, mais les conflits sont toujours là

    Berne (ots) - Lors du congrès du 125e anniversaire de l’Union syndicale suisse (USS) du samedi 5 novembre, plus de 600 congressistes ont pu jeter un regard sur une histoire émaillée de nombreux succès, des succès cependant constamment remis en question, comme c’est en particulier le cas aujourd’hui.

    Pour le président Paul Rechsteiner, les syndicats sont restés une force sociale influente. Selon lui, si l’USS a beaucoup obtenu durant ses 125 années d’existence, nombreux sont les foyers conflictuels à subsister, si bien que l’État social créé et développé grâce aux syndicats est à nouveau en danger. La lutte pour le plein emploi est incessante et au chapitre du temps de travail, où les syndicats ont réussi à faire passer la société de la semaine de 60 heures et quelques jours fériés à la semaine de 40 heures et quatre à six semaines de congés payés, le mouvement syndical doit actuellement repousser des atta-ques contre une protection des travailleuses et des travailleurs qui a fait ses preuves, comme la garantie, aussi étendue que possible, du congé dominical. Concernant les sa-laires, a encore souligné Paul Rechsteiner, un chapitre auquel les syndicats ont égale-ment engrangé des succès, les anciennes questions de répartition des richesses sont bru-talement remises à l’ordre du jour. Mais dans ce domaine , par leurs campagnes pour des salaires minimaux plus élevés et des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes, les syndicats sont passés à l’offensive. Le président de l’USS a enfin rappelé que les droits syndicaux doivent être mieux respectés dans notre pays et que les syndicats doivent s’ouvrir encore plus aux femmes et aux migrantes et migrants.

    Vasco Pedrina, coprésident du syndicat Unia, voit à nouveau dans les syndicats de l’USS, et cela depuis les années 90, les signes d’un nouvel élan et d’une reviviscence grâce à une nouvelle génération combative. Selon lui, pour que le succès soit au rendez-vous demain, quatre conditions doivent être remplies : il faut que les syndicats se don-nent une orientation interprofessionnelle, qu’ils s’ouvrent au secteur des services, cons-tituent un mouvement social fort et conjuguent gestion professionnelle et proximité avec la base. Christine Goll, la présidente du Syndicat suisse des services publics (ssp) a for-mulé quant à elle trois vœux à l’intention de l’USS : ceux de mieux défendre et de ren-forcer les services publics, de se tourner plus résolument vers les femmes et de faire en sorte qu’elles occupent des postes dirigeants dans les syndicats, ainsi que celui d’aider toutes et tous les travailleuses et travailleurs à marcher le front haut, conscients de leur propre valeur.

    Regards de l’extérieur

    La conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a remercié l’USS pour son engagement en faveur des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. Selon elle, le Conseil fédéral est prêt à faire en sorte que ces mesures soient réellement efficaces dans la pratique. Car seul un monde du travail ressenti comme juste par toutes et tous permettra de se rapprocher encore plus de l’Union européenne. Le politologue Hanspe-ter Kriesi a encouragé l’USS à prendre en considération les nouvelles tendances qui se font jour : en ce qui concerne les possibilités de concilier famille et profession, les syn-dicats pourraient tout à fait proposer des solutions plus pratiques (p. ex. des crèches pour les enfants de leurs membres). Pour sa part, la sociologue Rosita Fibbi a rappelé les défis anciens et futurs que les syndicats sont appelés à relever en matière de migra-tion. Et le cinéaste Alexander J. Seiler a recommandé aux syndicats de penser à un nou-veau partage du travail, parce qu’irrémédiablement, toujours pl us de travail se voit dé-sormais confié à des prothèses techniques. John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne de syndicats (CES), a transmis aux congressistes le message de son organisation. Et la partie culturelle ne fut pas en reste, de chants de lutte traditionnels interprétés par un chœur créé pour la cir-constance à quatre scènes historiques jouées par des syndicalistes, en passant par du rap politique pour les jeunes.

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