Communiqué de presse
Une sous-enchère salariale illégale officiellement décrétée ! -
Le canton de Zurich doit revenir sur sa décision
2007-10-03T14:13:24
Berne (ots) - Cest déjà au deuxième jour de vide conventionnel
dans la construction que la réalité dément toutes les professions de
foi des entrepreneurs et des autorités selon lesquelles ce secteur
ne connaîtrait pas de sous-enchère salariale malgré labsence de
convention collective de travail (CCT). Hier, le canton de Zurich a
abaissé de 4161 francs à 3745 francs pour les employé(e)s non
qualifiés de moins de 30 ans le salaire qui sert de référence pour
déterminer si sous-enchère il y a ou non dans la construction. À
lavenir, les entreprises de ce secteur et les agences de travail
temporaire pourront ainsi tranquillement verser à lavenir plus de
10 pour cent de salaire en moins. Cette décision contredit les mesures daccompagnement à la libre
circulation des personnes. La loi prescrit en effet que les cantons
doivent contrôler si les salaires usuels dans la localité, la
branche ou la profession sont respectés (Code des obligations, art.
360b). Si une entreprise verse des salaires inférieurs, le canton
doit exiger delle quelle y remédie. En 2006, un travailleur non
qualifié de la construction gagnait en moyenne 4440 francs par mois
. Le salaire de 3745 francs par mois qui sert désormais de limite
pour établir lexistence dune sous-enchère salariale est donc
inférieur de plus de 15 pour cent. Par cette décision, le canton de
Zurich déroule le tapis rouge aux entreprises de la construction qui
ne respectent pas les salaires suisses. Faire pression sur les
salaires, cest ainsi se ménager un avantage concurrentiel
officiellement autorisé ; cela, sur le dos des travailleurs et
travailleuses de la construction. Il ne faudra par conséquent pas
longtemps pour que le niveau salarial baisse dans son ensemble. Le canton de Zurich doit revenir sans délai sur cette décision
contraire à la loi. Il est impensable quun canton se soustraie aux
décisions du peuple et autorise des entreprises à faire des
bénéfices sur le dos de travailleurs et travailleuses non qualifiés. Le Secrétariat dÉtat à léconomie (SECO) qui exerce la haute
surveillance sur les mesures daccompagnement doit intervenir auprès
de ce canton pour quil mette fin à cette situation illégale. La Société suisse des entrepreneurs (SSE) doit négocier sans poser
de conditions préalables une nouvelle convention collective
nationale. Car seule une CCT prévoyant des salaires minimaux
obligatoires permet de lutter efficacement contre la sous-enchère
salariale à laide damendes et de la possibilité de versements
rétroactifs de salaires. Daniel Lampart, (031 377 01 16 ou 079 205 69 11), économiste en chef
de lUSS, se tient à votre disposition pour tout complément
dinformation.
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