Communiqué de presse
Protestation de lUnion syndicale suisse et de la Confédération
internationale des syndicats libres à ladresse de la Colombie
2005-03-21T13:36:26
Berne (ots) - La Colombie continue dêtre le pays du monde le plus
hostile aux syndicalistes ! Cest ce qua déclaré Jean-Claude
Prince, secrétaire central de lUnion syndicale suisse, au
vice-président colombien, M. Francisco Santos Calderon, lors dun
entretien qui a eu lieu la semaine dernière à Genève, en présence de
Mme lambassadrice de Colombie à Berne, Elena Echavarria, et de la
vice-directrice du bureau de Genève de la Confédération
internationale des syndicats libres, Mme Raquel, Raquel Gonzalez. Depuis 1990, plus de trois mille syndicalistes ont été assassinés en
Colombie, quasiment en toute impunité puisque sans suite pour 95 %
des cas ! Et depuis peu la violence sétend aux membres de leur
famille. Bien que la liberté syndicale soit expressément garantie
par la Constitution, le droit de grève et la négociation collective
ont été restreints. Sans la moindre concertation, une modification
de la législation du travail a été imposée, entraînant pour les
travailleuses et travailleurs la perte dimportants acquis. Il en
est de même en ce qui concerne la privatisation des entreprises
publiques, qui sest soldée par des milliers de licenciements, et la
sous-traitance des activités économiques à de pseudo « coopératives
de travail associé » au sein desquelles la législation du travail en
vigueur nest pas dapplication. Autant de décisions politiques qui
ont affaibli le mouvement syndical colombien dont limpact natteint
même plus 5 % de la population active. Délégué des travailleuses et travailleurs de Suisse à lOrganisation
internationale du Travail (OIT), Jean-Claude Prince a dénoncé le
fait quen dépit des affirmations présentées à léchelon
international par le gouvernement du président Alvaro Uribe Vélez,
sa responsabilité dans la persistance du climat de violence
antisyndicale est incontestable, mettant notamment laccent sur
lurgence : du respect de la vie, des droits de lHomme et du libre
exercice de lactivité syndicale et journalistique ;
de mettre fin au plan danéantissement visant lUnion
syndicale des travailleurs (USO) et les alternatifs de gauche ;
du renforcement des des mesures de protection mises en uvre
en faveur des syndicalistes, journalistes et autres défenseurs des
droits de lHomme, mesures qui sont également recommandées par les
Nations unies et la Conférence de Cartagena ;
de faire faire établir la vérité et de réparer les dommages,
dans toute la mesure du possible, en recherchant, jugeant et
sanctionnant toutes les personnes qui se sont rendues coupables
dattentats, de menaces, denlèvements et dautres crimes en
Colombie (le cas ;
de la nécessité, en particulier, de mener de sérieuses
investigations et de prononcer un juste châtiment à propos de
lattentat qui a frappé le 2 mars 2005 Rafael Cabarcas, dirigeant de
lUSO, et son garde-du-corps, Andrés Bohorquez ; M. le vice-président Francisco Santos Calderon a assuré les
représentants de lUSS et de la CISL que le gouvernement colombien
était sensible aux préoccupations du mouvement syndical suisse et
international et quil mettait tout en uvre pour faire régner
létat de droit. Il a fait part des difficultés à instaurer la paix
dans un pays qui compte quelque 28'000 assassinats par année.
Admettant que la spirale de la violence a occulté la discussion sur
le cadre permettant un réel exercice des droits syndicaux, il a
demandé le soutien du mouvement syndical pour la reconduction et le
renforcement du programme dassistance technique du Bureau
international du Travail (BIT) dont bénéficie déjà la Colombie. M.
Francisco Santos Calderon sest engagé à éclaircir plusieurs
questions évoquées comme les abus commis dans le cadre des «
coopératives de travail associé » qui seraient détournées de leur
but, respectivement à lencontre des travailleurs de la santé
affiliés à ANTHOC, dans la municipalité de la Ceja, ainsi que des
travailleurs affiliés à SINTRAOFAN, dans la municipalité de
Cisneros. Jean-Claude Prince (079 689 45 84) se tient à votre disposition pour
tout complément dinformation.
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