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Allianz Suisse/Commercial: Des navires et des cargaisons d'une valeur de 125 milliards de dollars attendent de pouvoir reprendre leur route dans le golfe Persique

Wallisellen (ots)

Les tensions géopolitiques, les risques croissants le long des principales routes maritimes et le niveau toujours élevé des sinistres liés aux incendies posent de sérieux défis au transport maritime mondial. Certes, le nombre d'incidents signalés dans le monde a reculé de 16 % en 2025 pour passer sous la barre des 3 000, mais l'environnement des risques demeure plus complexe et plus volatil. Compte tenu de la valeur élevée des navires et des cargaisons ainsi que de l'importance des goulets d'étranglement maritimes, le renforcement de la résilience opérationnelle prend désormais le pas sur la seule recherche d'efficacité des coûts.

Alors que 90 % du commerce international est transporté par voie maritime, la sécurité en mer et la stabilité des routes commerciales sont essentielles. Selon le dernier Safety and Shipping Review d'Allianz Commercial, des événements tels que le blocage et le signalement de mines dans le détroit d'Ormuz constituent les plus récents épisodes d'une série de perturbations ayant affecté le transport maritime. Ils marquent le passage à un "nouvel ordre maritime", caractérisé par une augmentation des risques de sécurité le long des voies maritimes stratégiques. Les routes commerciales établies sont perturbées, l'incertitude générale ainsi que les primes de risque augmentent, et la résilience devient une priorité par rapport à la seule optimisation des coûts.

Outre l'incertitude géopolitique, les risques traditionnels demeurent une préoccupation majeure pour le secteur maritime, même si le nombre de pertes totales de navires et d'accidents déclarés a continué de diminuer ces dernières années. Les dommages et pannes de machines ainsi que les incendies figurent parmi les principales causes de sinistres et entraînent des pertes économiques et assurées considérables. "Notre analyse montre que l'industrie maritime a réalisé des progrès significatifs en matière de sécurité au cours des dernières années. Dans le même temps, elle a connu une transformation profonde, passant de décennies de relative stabilité à un environnement de plus en plus complexe et volatil. Le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ne sont que les exemples les plus récents d'une série de perturbations majeures qui ont touché les armateurs et les entreprises de transport de marchandises. Dans un monde toujours plus imprévisible, où le coût de l'incertitude redessine le secteur maritime, il est indispensable de trouver un équilibre entre résilience, géopolitique et efficacité", explique Thomas Lillelund, CEO d'Allianz Commercial.

L'incertitude géopolitique devient le principal risque pour le secteur maritime

Le conflit au Moyen-Orient a paralysé le trafic dans le détroit d'Ormuz, une route essentielle pour le commerce mondial du pétrole. Les données d'Allianz Research montrent qu'environ 1 150 navires chargés (de plus de 100 tonneaux de jauge brute (GT)*) se trouvent actuellement dans le golfe Persique. La valeur estimée des navires et de leurs cargaisons s'élève à quelque 125 milliards de dollars américains, pour un volume total de 29 millions de GT et environ 20 000 marins à bord. Ces navires attendent de pouvoir franchir le détroit à la suite des récents progrès diplomatiques. Cette situation souligne l'importance structurelle des goulets d'étranglement maritimes et leur rôle central pour le transport maritime et le commerce international. Elle met également en évidence les importantes perturbations opérationnelles ainsi que la pression psychologique subie par les marins exposés pendant des mois au risque d'attaques.

Les assurances maritimes sont restées disponibles tout au long du conflit, même si les primes pour les couvertures corps de navire et marchandises ont augmenté. Pour les armateurs, le principal défi concernait toutefois moins les questions assurantielles que les risques pesant sur les équipages et les navires opérant dans la zone de conflit. Même si l'accord entre les États-Unis et l'Iran devait perdurer et permettre la réouverture du détroit d'Ormuz, des garanties crédibles de navigation sûre seront nécessaires. Cela implique notamment l'implication de la communauté internationale, en particulier si le trafic doit retrouver son niveau d'avant-guerre pouvant atteindre 140 navires par jour. "Nous constatons une incertitude croissante autour des routes maritimes. Tout événement, qu'il s'agisse d'un conflit, d'une pandémie ou d'un navire échoué, peut provoquer de graves perturbations du transport maritime et des chaînes d'approvisionnement. Les événements au Moyen-Orient ont eu des répercussions plus importantes que beaucoup ne l'avaient anticipé. La fermeture du détroit d'Ormuz crée un précédent dangereux et soulève des questions quant à l'avenir à long terme d'autres points de passage stratégiques. Une chose est claire: nous devons désormais payer le prix de l'incertitude. Cela se traduit par le passage de chaînes d'approvisionnement "just in time" à des modèles "just in case" et par une priorité accrue accordée à la résilience plutôt qu'à l'efficacité des coûts", déclare le capitaine Rahul Khanna, Global Head of Marine Risk Consulting chez Allianz Commercial.

Baisse du nombre de pertes totales et d'incidents maritimes malgré un contexte difficile

Le rapport montre que plus de 900 pertes totales de navires (de plus de 100 GT) ont été enregistrées au cours des dix dernières années. Entre 2016 et fin 2020, 555 pertes ont été signalées, soit en moyenne 111 par an. Ce chiffre est tombé à 350 entre 2021 et fin 2025, soit une moyenne de 70 par an. Cela représente une baisse de 37 % par rapport à la période quinquennale précédente et reflète l'effet positif du renforcement des mesures de sécurité. Pour l'année 2025, 43 pertes totales ont été enregistrées, dont plus de 30 concernaient des navires de plus de 500 GT.

À l'échelle mondiale, le nombre d'incidents maritimes a reculé d'environ 16 % l'an dernier (2 818 en 2025 contre 3 353 en 2024). La région Méditerranée orientale et mer Noire a enregistré le plus grand nombre d'incidents (622), suivie des îles Britanniques (619), qui concentrent également le plus grand nombre d'incidents sur les dix dernières années. Les dommages ou défaillances de machines ont constitué la principale cause d'incident maritime dans le monde, représentant plus de la moitié des cas (1 505), devant les collisions entre navires (260). Les incendies à bord de grands navires, notamment les porte-conteneurs et les transporteurs automobiles, demeurent préoccupants. Plus de 200 incidents ont été signalés en 2025. Bien que ce chiffre soit inférieur à celui de 2024, il reste le deuxième plus élevé de la dernière décennie, avec au moins neuf pertes totales recensées.

L'augmentation de la taille des navires alimente également la hausse des déclarations d'avarie commune, mécanisme par lequel armateurs et propriétaires de cargaisons partagent les pertes ou dépenses engagées pour sauver l'ensemble de l'expédition en cas d'urgence. Ces sinistres sont généralement complexes et financièrement importants. Les contributions peuvent atteindre jusqu'à 50 % de la valeur de la cargaison. Pour un navire transportant plusieurs milliers de véhicules électriques, cela peut représenter plus de 100 millions de dollars américains. "Les marchés de l'assurance réagissent rapidement aux crises. Le véritable défi pour les entreprises consiste à comprendre comment les différents risques sont interconnectés. C'est pourquoi la résilience et la gestion des risques sont tout aussi importantes que les couvertures d'assurance traditionnelles. Le secteur maritime fait face à des turbulences majeures, non seulement en raison de l'instabilité géopolitique, mais aussi du fait des risques classiques liés aux coques et aux machines, pour lesquels nous observons une augmentation continue du coût des sinistres. Notre rôle d'assureur est d'accompagner nos clients à la fois comme porteurs de risques et comme partenaires dans le renforcement de leur résilience. C'est ainsi que nous pouvons réduire les risques avant qu'ils ne se transforment en sinistres majeurs", conclut Justus Heinrich, Global Product Leader Marine Hull chez Allianz Commercial.

* Des informations complémentaires sur l'analyse et les hypothèses de valorisation utilisées figurent dans le rapport.

Contact:

Allianz Suisse
Nadine Schumann, porte-parole
press@allianz.ch, Tel. +41 (0) 58 358 84 14

Allianz Commercial
Andrej Kornienko, Regional Head of Communications Germany & Switzerland (GER/SUI)
andrej.kornienko@allianz.com, Tel. +49 171 4787 382

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