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Migros Museum für Gegenwartskunst Resistance Performed - Aesthetic Strategies under Repressive Regimes in Latin America

Migros Museum für Gegenwartskunst

Resistance Performed - Aesthetic Strategies under Repressive Regimes in Latin America
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Zürich (ots)

3Nós3 (BR) - Elías Adasme (CL) - Sonia Andrade (BR) - Martha Araújo (BR) - Lenora de Barros (BR) - Paulo Bruscky (BR) - CADA (Colectivo Acciones de Arte) (CL) - Luis Camnitzer (UY) - Graciela Carnevale (AR) - Antonio Caro (CO) - Antonio Dias (BRA) - Eugenio Dittborn (CL) - León Ferrari (AR) - Nicolás Franco (CL) - Anna Bella Geiger (BR) - Grupo de Arte Callejero (AR) - Graciela Gutiérrez Marx (AR) - Voluspa Jarpa (CL) - Gastão de Magalhães (BR) - Anna Maria Maiolino (BR) - Antonio Manuel (BR) - Cildo Meireles (BR) - Marta Minujín (AR) - Carlos Motta (CO) - Letícia Parente (BR) - Luis Pazos (AR) - Pedro Reyes (MX) - Lotty Rosenfeld (CL) - Yeguas del Apocalipsis (CL) - Horacio Zabala (AR) - Sergio Zevallos (PE)

L'exposition Resistance Performed - Aesthetic Strategies under Repressive Regimes in Latin America présente diverses stratégies artistiques de résistance. On y retrouve des retours sur l'histoire d'Argentine, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Pérou et d'Uruguay et le témoignage d'oppositions menées à partir des années 1960, souvent au prix de vies humaines, dans les différents systèmes politiques répressifs d'Amérique latine. L'exposition insiste tout particulièrement sur les stratégies autour de la liberté de parole, les pratiques de résistance prenant la forme de performances, d'interventions et d'actions. Dans un dialogue avec ces notions, on trouve des oeuvres d'artistes contemporains originaires d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud reprenant les conséquences et les effets produits par ces dictatures. Cette exposition sort de l'oubli certaines positions et attire l'attention sur des artistes encore trop peu considérés dans l'histoire de l'art.

L'exposition présente des formes de résistance artistique apparues, depuis la fin des années 1960 et pendant plusieurs décennies, dans les systèmes répressifs de divers pays d'Amérique latine. À travers elles des artistes ont suivi différentes stratégies expérimentales et conceptuelles. Au coeur de l'exposition, on trouve des oeuvres ayant recours aux stratégies performatives pour rendre visibles les dispositifs de pouvoir qui se manifestent dans l'espace public, dans les systèmes de communication et même dans les corps, à travers des standardisations, des interdits et des réglementations. Elías Adasme (*1955, Chili) et Lotty Rosenfeld (*1943, Chili) ainsi que le collectif d'artistes CADA (1979-1989, Chili - Raúl Zurita, Fernando Balcells, Diamela Eltit, Lotty Rosenfeld, Juan Castillo) entre autres appartiennent à un groupe d'artistes qui ont cherché, à la fin des années 1970 et dans les années 1980, à mettre la société chilienne paralysée face à une narration alternative à la dictature militaire de Pinochet en proposant des interventions, des actions et des performances dans l'espace public. Dans le monde entier, Rosenfeld a tracé des repères sur des aires de circulation afin de traiter le thème de la récupération de l'espace public comme vitrine de systèmes dictatoriaux. Le collectif d'artistes brésiliens 3Nós3 (Mário Ramiro *1957, Brésil ; Hudinilson Jr. 1957-2013, Brésil ; Rafael França 1957-1991 Brésil et É.-U.) a également poursuivi ce but dans la ville de São Paulo avec des actions de grande envergure bloquant la circulation. La sculpture de l'artiste brésilien Antonio Dias (*1944, Brésil) renvoie, au contraire, aux symboles de la protestation dans l'espace public et prend en compte les paradoxes du tracé des frontières.

Les travaux de l'artiste argentine de concept et de performance Marta Minujín (*1943, Argentine) et ceux de l'artiste brésilien Cildo Meireles (*1948, Brésil) sont participatifs. Utilisant les 30 000 ouvrages brûlés pendant la dictature, notamment des écrits de Marx, Freud et Sartre ou Foucault, Minujín exécute une reproduction du Parthénon pour commémorer le rétablissement de la démocratie. À la fin de l'exposition, Partenón de Libros (1983) fut démonté et les livres distribués au public. Dans ses travaux, Meireles utilisa les réseaux de distribution de l'économie avec des billets et des bouteilles de Coca-Cola munis de messages qu'il introduisit dans le circuit de la consommation, transformant ainsi les consommateurs en participants actifs. L'idée d'insérer des informations et des oeuvres d'art en-dehors des structures institutionnelles est également reprise dans l'art postal, parmi les représentants duquel on compte Paulo Bruscky (*1949, Brésil) et Graciela Gutiérrez Marx (*1945, Brésil). À partir de 1986, sous le régime de Pinochet, Eugenio Dittborn (*1943, Chili), inspiré par la pratique de Mail Art, a développé ses Airmail Paintings qu'il envoyait pliés.

Le corps comme limite de l'autodétermination est un autre lieu de négociation au coeur des expériences artistiques. Dans une installation participative, l'artiste Martha Araújo (*1943, Argentine) pousse les visiteurs à expérimenter les limites physiques de leur propre corps à travers des consignes. Dans leurs performances, le duo Yeguas del Apocalipsis (Pedro Mardones Lemebel 1955-2015, Chili ; Francisco Casas Silva *1959, Chili) et Sergio Zevallos (*1962, Pérou) s'interrogent sans cesse sur la dimension politique de l'identité sexuelle et des normes qui y sont liées. Gastão de Magalhães (*1953, Brésil) se consacre à comprendre comment les événements et les expériences vécus s'inscrivent dans le corps. Les travaux des artistes Sonia Andrade (*1935, Brésil), Lenora de Barros (*1953, Brésil), Anna Bella Geiger (*1933, Brésil) et Anna Maria Maiolino (*1942, Italie) complètent l'exposition d'une perspective féministe.

L'artiste Antonio Manuel (*1947, Portugal), installé au Brésil, étudie, dans son approche artistique, les dimensions et les effets de l'infiltration des médias. En 1973, il modifia les unes du journal à scandales O Dia avec ses propres contenus et infiltra de la sorte l'un des organes de propagande les plus efficaces et populaires, la presse quotidienne. Archivo Tucumán Arde, dont on peut voir une sélection d'extraits, documente les dynamiques développées par la presse dans la diffusion d'opinion pour une nouvelle pratique artistique de l'activisme politique. Ce fonds d'archives, cofondé et aujourd'hui encore dirigé par Graciela Carnevale (*1942, Argentine) montre les évolutions, la radicalisation et la politisation d'une génération d'artistes activistes en Argentine, et les recontextualise dans la théorie. Uruguayan Torture Series (1983/1984) de l'artiste Luis Camnitzer (*1937, Allemagne) pose un autre regard du souvenir. Une série de 35 photogravures traite les tortures physiques et psychiques infligées en détention et évoque la mémoire des amis de l'artiste. À l'inverse, Horacio Zabala (*1943, Argentine) propose le refus comme dernière issue. Dans ses dessins, il imagine une lugubre dystopie architecturale dans laquelle la vie à venir ne semble possible que dans des colonies souterraines, loin de toute forme de communication avec le monde extérieur.

Une plus jeune génération d'artistes, élevée avec le lourd héritage du régime répressif - par exemple le collectif Grupo de Arte Callejero (fondé en 1997 en Argentine : Lorena Bossi, Carolina Golder, Mariana Corral, Vanesa Bossi, Fernanda Carrizo), l'artiste chilien Nicolás Franco (*1973, Chili) et l'artiste Voluspa Jarpa (*1971, Chili) - se consacre au travail contre l'oubli mais également aux conséquences provoquées par de telles dictatures. Carlos Motta (*1978, Colombie) ou Pedro Reyes (*1972, Mexique) se réfèrent à des problématiques du présent et démontrent à quel point les répressions du passé se répercutent sur un futur imminent.

La commissaire de cette exposition est Heike Munder (directrice, Migros Museum für Gegenwartskunst).

Contact:

Pour toute information complémentaire et pour les visuels, prière de
s'adresser à René Müller, responsable du service de presse et des
relations publiques :
rene.mueller@mgb.ch
T +41 44 277 27 27

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