Communiqué de presse
BAG: Avertissement de lOffice fédéral de la santé publique : le radon tue 240 personnes par an
2005-11-21T14:06:05
(ots) - Le gaz radon fait 240 victimes chaque année en Suisse et
est la première cause du cancer des poumons après le tabac. Cest la
conclusion dune étude réalisée par luniversité de Hanovre sur
mandat de lOffice fédéral de la santé publique (OFSP). Le radon est
ainsi la substance cancérogène la plus dangereuse dans les
habitations. Dans notre pays, quelque 100 000 personnes sont
exposées à des concentrations de radon supérieures à la valeur
directrice, et 15 000 vivent dans des logements où la valeur limite
est dépassée. Le respect de mesures simples de construction permet
toutefois de se prémunir efficacement contre le radon. Certains
cantons, soutenus dans leur démarche par lOFSP, ont entrepris des
campagnes de mesure et dassainissement. Invisible, silencieux et inodore : le radon est un gaz rare naturel
qui provient de la désintégration de luranium contenu dans le sol.
Il pénètre librement dans les bâtiments en sinfiltrant par les
fissures de lenveloppe du bâtiment et sy concentre à cause dune
pression de lair défavorable. Il peut se désintégrer pour donner du
polonium, du plomb et du bismuth ; si nous respirons ces produits
pendant longtemps et à hautes concentrations, le tissu pulmonaire
est soumis à une irradiation, qui peut entraîner une tumeur maligne. Les dernières études épidémiologiques montrent une corrélation entre
radon et cancer du poumon. Le risque de développer un cancer du
poumon à cause du radon s'accroît de 16 % par 100 Bq/m3. Pour une
concentration de 1000 Bq/m3, le risque de cancer du poumon est alors
deux fois plus élevé que si la concentration était nulle. Ainsi, des
concentrations élevées de radon dans les habitations présentent un
risque pour la santé beaucoup plus élevé que lamiante ou les
solvants. Un risque élevé en Suisse Chaque année en Suisse, 240 personnes
décèdent dun cancer du poumon dû au radon. Ce gaz fait ainsi
presque deux fois plus de victimes que le sida et à peine moins que
le cancer de la peau. En moyenne nationale, 8,5 % de tous les décès
liés au cancer du poumon sont dus à une concentration élevée en
radon. Celle-ci varie selon la nature géologique du sous-sol : le
risque de mortalité nest donc pas aussi élevé dans tous les
cantons. Le risque relatif de cancer du poumon dû au radon est ainsi maximal
dans les cantons du Jura (16,1 % de tous les décès suite au cancer
du poumon), du Tessin (15,7 %), de Neuchâtel (15 %), de Glaris (14,1
%), des Grisons (13,4 %), dUri (12 %) et de Lucerne (11,1 %). Ce
risque est toutefois supérieur à la moyenne dans les cantons de
Berne, de Schaffhouse, de Thurgovie, de Vaud et du Valais, et faible
seulement dans celui de Genève, avec un taux de 2,3 %. Le nombre
dhabitants ayant aussi une influence sur celui des victimes, le
canton de Zurich déplore le plus de décès avec 37 cas par an. Puis
suivent les cantons de Berne (30 victimes), de Vaud (25), du Tessin
(17), dArgovie (17), des deux Bâle (14) et de Neuchâtel (10). Des
valeurs limites et directrices souvent dépassées En Suisse, la
valeur limite est de 1000 Bq/m3 et la valeur directrice de 400 Bq/m3
(art. 110 de lordonnance sur la radioprotection, ORaP). Les
édifices qui dépassent la valeur limite doivent faire lobjet dun
assainissement de par la loi (art. 113 et 116 ORaP). Pour les
nouvelles constructions bâties à partir de 1994, et lors de
lassainissement des bâtiments anciens, cest la valeur directrice
moins élevée qui est déterminante (art. 116 ORaP). Environ 15 000
personnes vivent dans 5000 bâtiments qui dépassent la valeur limite
de 1000 Bq/m3. Elles sont ainsi exposées à un risque de cancer du
poumon deux fois plus élevé que les personnes vivant dans des
constructions à plus faible concentration de radon. Le dépassement
de la valeur directrice peut lui aussi avoir des conséquences sur la
santé. Quelque 30 000 bâtiments ont une teneur en radon supérieure à
400 Bq/m3 ; 100 000 personnes sont touchées. Pour protéger les
locataires contre les effets nuisibles à la santé, les personnes
concernées peuvent exiger, sur la base de l'art. 111, al. 4, ORaP,
que les propriétaires effectuent une mesure de radon sil existe un
indice de dépassement de la valeur limite. Les coûts des mesures et
des assainissements sont à la charge du propriétaire. Effectuer des mesures et assainir Une mesure de radon revient à 60
francs environ et peut être demandée auprès des services de mesure
reconnus. Les moyens de prévention sont en général simples et
ninfluencent guère les coûts de construction. En outre, elles
garantissent la conservation de la valeur du bâtiment, permettent
déviter les recours juridiques et protègent la santé des
locataires. Une meilleure étanchéité au niveau du sol du bâtiment et une
ventilation systématique, tant pour prévenir que lors dun
assainissement, rendent difficile la propagation du radon dans les
bâtiments. Il faut en tout cas éviter de percer lenveloppe du
bâtiment. Les moyens de prévention coûtent entre quelques centaines
et quelques milliers de francs selon la complexité du problème. LOffice fédéral de la santé publique (OFSP) a publié une liste des
centres de mesure ainsi que d'autres informations sur le radon à
ladresse Internet: www.ch-radon.ch
Permalink:

https://www.presseportal.ch/fr/pm/100000843/100500367
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