Initiative contre le monopole des syndicats
Le Conseiller aux Etats This Jenny demande que les postulats des travailleurs non affiliés à des syndicats soient pris davantage en compte au niveau des CCT

   Zurich (ots) - Lors de la fixation de conditions de travail, il 
convient de prêter tout autant d'attention aux postulats des 
travailleurs non affiliés à des syndicats qu'aux membres de ces 
organisations. C'est ce que revendique le Conseiller aux Etats This 
Jenny dans une initiative parlementaire. La Société Suisse des 
Entrepreneurs (SSE) soutient ce postulat, car le monopole des 
syndicats pour défendre les intérêts des travailleurs est dépassé 
dans le monde actuel du travail.

   Toute convention collective de travail (CCT) doit être déclarée de
force obligatoire pour une branche par le Conseil fédéral pour 
qu'elle puisse déployer ses effets visant à protéger les parties 
concernées. Selon le droit en vigueur, la demande de déclaration de 
force obligatoire doit être cosignée par un syndicat - de facto, il 
s'agit de celui le plus important. Les travailleurs non affiliés à un
syndicat ne jouent pas de rôle dans ce processus, alors qu'ils 
représentent la majorité en bien des endroits. Apparemment, le 
législateur part toujours de ce principe: seul celui qui est 
véritablement intéressé à ses conditions de travail adhère à une 
organisation combattive, qui se distingue par ses drapeaux rouges. 

   C'est avec grande satisfaction que la Société Suisse des 
Entrepreneurs (SSE) a pris acte du postulat du Conseiller aux Etats 
This Jenny (UDC) en vue d'abroger ce système qui n'a plus cours. Dans
son initiative, l'entrepreneur glaronnais exige que le Conseil 
fédéral ne pondère pas davantage les intérêts des membres de 
syndicats par rapport à ceux des travailleurs qui par leur signature 
individuelle participent à une CCT. Ainsi, une organisation de 
travailleurs de petite taille et les signatures individuelles 
récoltées en suffisance permettraient aussi d'atteindre la majorité 
requise pour une déclaration de force obligatoire. Ce système 
favoriserait la concurrence entre les syndicats.

   C'est juste avant Noël 2011 que l'on a pu prendre conscience de 
l'ampleur du monopole syndical. En peu de jours, environ 24'000 
travailleurs sur les chantiers avaient appuyé, par leur signature, la
revendication de la SSE en vue de prolonger la Convention nationale 
(CN) expirant à la fin de l'année sous sa forme inchangée. Ce nombre 
représente une bonne moitié du personnel travaillant sur les 
chantiers à cette période de l'année. Contrairement aux syndicats qui
à ce moment-là avaient rejeté une prolongation inchangée de la 
Convention nationale, les 24'000 signataires étaient convaincus que 
la CN représente pour eux une bonne et importante convention. Et pour
cause: elle fixe les salaires les plus élevés des branches de 
l'artisanat en Suisse. De plus, le personnel a droit à cinq semaines 
de vacances (six à partir de 50 ans) et peut prendre sa retraite 
anticipée à 60 ans.

   Cependant, l'appel à l'aide des 24'000 travailleurs de la 
construction n'a pas impressionné les autorités fédérales. Tant que 
la demande de prolongation de la convention n'est pas signée par un 
syndicat, il n'est pas possible de la déclarer de force obligatoire. 
C'est ce qu'a déclaré le seco. Dans l'intervalle, les entrepreneurs 
et les syndicats se sont mis d'accord sur une prolongation légèrement
modifiée de la CN 08. Mais cet exemple montre que la réglementation 
en vigueur n'est pas satisfaisante.



Contact:
Werner Messmer, président central de la SSE
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E-Mail: werner.messmer@messmer.ch

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E-Mail: dlehmann@baumeister.ch

Martin A. Senn
Vice-directeur de la SSE, chef du département  Politique + 
Communication
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E-Mail: msenn@baumeister.ch