Travail.Suisse

La mise en oeuvre de l'initiative ne doit pas entraîner de pression sur les salaires ni de suppressions d'emplois

Bern (ots) - Les syndicats écrivent au Conseil fédéral

Les conséquences de l'acceptation de l'initiative « Contre l'immigration de masse » inquiètent beaucoup les syndicats. La mise en oeuvre de cette dernière implique des dangers importants pour les travailleurs et travailleuses. Des emplois et les mesures de protection des salaires en vigueur sont menacés. C'est pourquoi, dans une lettre commune adressée mardi 11 février au Conseil fédéral, les faîtières syndicales USS et Travail.Suisse ainsi que les deux plus grands syndicats du pays Unia et Syna précisent quels principes doivent être appliqués par les décideurs politiques dans la mise en oeuvre de cette initiative, pour que les intérêts des salarié(e)s ne passent pas à la trappe.

La suppression des accords bilatéraux conclus avec l'Union européenne (UE) menacerait des dizaines de milliers d'emplois dans l'exportation. Et les salaires risqueraient d'être confrontés à une pression accrue si les mesures de protection les concernant devaient être démantelées plutôt que renforcées. En outre, la main-d'oeuvre sans passeport suisse résidant en Suisse est menacée de discriminations radicales si l'initiative est appliquée au pied de la lettre.

C'est pourquoi les faîtières syndicales et les syndicats soussignés appellent le Conseil fédéral à respecter les principes suivants pour la mise en oeuvre de cette initiative :

   - Le Conseil fédéral doit respecter le principe de la 
     non-discrimination. Limiter le séjour, l'accès à la sécurité 
     sociale et le regroupement familial de la main-d'oeuvre 
     résidente dépourvue de passeport suisse représenterait une 
     énorme régression sociale. Il n'est pas question de mettre en 
     place un système de contingent inhumain, ni non plus de recréer 
     un statut de saisonnier. 
   - Les inquiétudes des travailleurs et travailleuses quant à leurs 
     salaires et conditions de travail n'ont pas été suffisamment 
     prises au sérieux. L'acceptation de l'initiative de l'UDC remet 
     aussi en question les actuelles mesures de protection des 
     conditions de travail locales. Pour s'assurer qu'en Suisse, on 
     continue à payer des salaires suisses demain, le Conseil fédéral
     doit s'engager pour une protection des salaires plus poussée et 
     non pas affaiblie. Impossible sinon de protéger les emplois 
     contre la concurrence au moyen de la sous-enchère. 
   - Enfin, le Conseil fédéral doit tout faire pour préserver les 
     accords bilatéraux. En l'absence de relations stables et 
     structurelles avec le principal partenaire commercial de la 
     Suisse, il y a risque de pression accrue sur les salaires et de 
     perte d'emplois. 

L'initiative ne peut être mise en oeuvre que si ces principes sont observés, sinon les travailleurs et travailleuses devront payer le prix de son acceptation dans les urnes.

Contact:

Martin Flügel, président de Travail.Suisse, 079/743'90'05
Paul Rechsteiner, président de l'USS, 079/277'61'31
Kurt Regotz, président de Syna, 079/617'62'94
Vania Alleva, coprésidente d'Unia, vice-présidente de l'USS,
07/620'11'14
Daniel Lampart, premier secrétaire de l'USS, 079/205'69'11


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