Schweizerischer Städteverband / Union des villes suisses

La ville comme place industrielle en mutation: saisir les nouvelles opportunités pour rester à l'abri des crises

Berne (ots) - Médicaments, montres, machines, meubles et aujourd'hui logiciels, jeux vidéo ou sites internet - la ville a toujours été un lieu de production. Tandis que l'économie créative est en plein essor dans de nombreuses villes, l'artisanat continue d'être mis sous pression, comme l'atteste une étude sur mandat de l'Union des villes suisses et de la ville de Zurich. Une gestion active des surfaces, des délimitations de zones flexibles ou des allégements administratifs sont des instruments possibles afin de renforcer la place industrielle en ville. La mise en réseau numérique et l'industrie 4.0 apportent de nouvelles opportunités.

La place industrielle urbaine en Suisse a sans doute autant de facettes qu'il y a de villes: tandis que dans la ville de Zurich, près de 50 000 actifs travaillent dans l'économie créative, Bienne attire de plus en plus d'entreprises de haute technologie. Au Locle, plus de la moitié des actifs travaillent dans l'industrie de haute technologie, à Moutier ou Gossau SG en revanche, environ un tiers dans la production industrielle et artisanale. Et à Lugano, l'économie créative offre désormais le plus d'emplois au sein de la place industrielle.

C'est ce que révèle une étude du bureau d'étude Infras sur l'évolution et les perspectives de la ville comme place industrielle sur mandat de l'Union des villes suisses et de la ville de Zurich qui a été présentée mercredi à Berne. Dans cette étude, la place industrielle est divisée en trois domaines: la production industrielle et artisanale, l'industrie de haute technologie et l'économie créative «plus». Cette dernière est définie de manière relativement large et comprend aussi des activités liées aux prestations de services telles que la conception de logiciels et de jeux vidéo.

Changements au sein de la place industrielle

À l'heure actuelle, la place industrielle emploie dans les villes suisses environ 700 000 actifs - à peu près autant qu'en 1995. Comme l'emploi total a augmenté, la part de la place industrielle a reculé de 33 % à 27,5 % en zone urbaine. Par ailleurs, le poids s'est déplacé des grandes villes vers les plus petites.

En ce qui concerne les domaines de la place industrielle également, les villes ont connu des mutations. Avec une part atteignant près de 45 %, la production industrielle et artisanale emploie encore aujourd'hui la majeure partie des actifs. Cependant, l'artisanat enregistre un fort recul de l'emploi dans les grandes villes. Dans l'industrie de haute technologie, l'évolution est restée stable. Avec environ 21 000 employés, Bâle est le site de haute technologie le plus important en Suisse. Des villes comme Plan-les-Ouates GE et Nyon VD ont également enregistré une forte croissance dans ce domaine. L'économie créative a connu un boom et est devenue dans les grandes villes la véritable nouvelle industrie, en particulier dans la ville de Zurich.

Les villes avec une grande variété de secteurs d'activité résistent mieux à la crise

«Les villes ont un grand intérêt à maintenir la place industrielle sur leur territoire», explique Théo Huguenin-Elie, président du conseil communal de La Chaux-de-Fonds. En effet: la diversité et l'ouverture à la mixité rendent les villes non seulement vivantes mais également résistantes aux crises grâce à la grande variété de secteurs d'activité. D'après l'étude, les perspectives sont bonnes à très bonnes pour les entreprises de haute technologie de se maintenir dans les villes. Certaines branches, telles que les entreprises d'entretien et de réparation, pourront rester dans les villes à l'avenir. Toutefois, en raison de la concurrence croissante pour les surfaces, la production industrielle et artisanale devrait globalement se voir toujours davantage repoussée vers la périphérie. Dans ce contexte, les villes sont sollicitées.

Soutien aux start-ups et utilisation flexible des zones

«L'étude met en évidence là où nous devons agir afin de maintenir l'artisanat et les entreprises de haute technologie» explique Corine Mauch, maire de Zurich. Dans la gestion des surfaces par exemple, l'étude montre que des règlementations provisoirement simplifiées ou des locaux mis temporairement à disposition dans un premier temps peuvent soutenir les start-ups. À la place de la protection habituelle des zones, des directives d'utilisation de certains étages apportent une nouvelle flexibilité. Et les modèles d'utilisation mixtes pourraient en quelque sorte faire apparaître de petites villes à part entière au sein d'une ville.

L'étude voit également un potentiel dans la facilitation des processus administratifs, notamment pour les autorisations de construire. Il est recommandé aux petites villes de se proposer en tant que site d'implantation pour les entreprises qui ne peuvent plus supporter les coûts des surfaces dans les grandes villes.

Entretenir les avantages de site et exploiter les opportunités

Les villes continuent d'être attractives pour la place industrielle, grâce à des qualités de site telles que la qualité de vie élevée, les transports publics, la proximité aux hautes écoles, l'environnement créatif et la proximité aux clients. Il convient de nous préoccuper de ces aspects - notamment concernant la main d'oeuvre: «L'étude montre clairement que l'accès à une main d'oeuvre qualifiée est absolument essentiel pour l'évolution de la place industrielle», souligne Kurt Fluri, président de l'Union des villes suisses et maire de Soleure.

Le futur offre également des opportunités à la place industrielle urbaine, notamment avec la numérisation: les activités liées aux services telles que la recherche et le développement, le design ou l'informatique continueront de croître au sein de la place industrielle. Par conséquent, on assistera à une baisse des émissions dans la production, ce qui devrait favoriser la cohabitation de l'habitat et du travail. La mise en réseau numérique fait apparaître de nouveaux modèles commerciaux qui trouvent de bonnes conditions dans les villes, c'est le cas notamment de l'économie de partage. Et l'automatisation des processus de production dans le cadre de l'industrie 4.0 ainsi que les nouvelles technologies comme l'imprimante 3D pourraient de nouveau favoriser la production locale.

Contact:

- Kurt Fluri, conseiller national, président de l'Union des villes
suisses, maire de Soleure, 079 415 58 88
- Corine Mauch, vice-présidente de l'Union des villes suisses, maire
de Zurich, 044 412 31 20
- Théo Huguenin-Elie, membre du comité de l'Union des villes suisses,
président du conseil communal de La Chaux-de-Fonds, 032 967 62 20

Les études et exposés de la conférence de presse sont disponibles au
téléchargement sous www.uniondesvilles.ch



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