Migros-Genossenschafts-Bund Direktion Kultur und Soziales

CAREY YOUNG
Legal Fictions

CAREY YOUNG / Legal Fictions
Carey Young, We the People (after Pierre Cavellat), 2013, © Carey Young. Courtesy of the artist and Paula Cooper, New York. La photo ne doit pas être modifiée.

Zürich (ots) - 31 août - 10 novembre 2013

Vernissage : 30 août 2013, 18-20 h

Depuis la fin des années 1990, Carey Young (*1970, vit et travaille à Londres), explore les relations entre le corps, la langue, la rhétorique et les systèmes de pouvoir à travers la vidéo, la photographie, la performance, l'étude de textes et l'installation. Dans ses oeuvres, elle étudie tout particulièrement la façon dont la culture de l'entreprise et la culture juridique imprègnent et façonnent toujours plus tous les domaines de la vie. Pour ce faire, Young a souvent recours à un langage commercial et juridique comme un ready-made que, par un transfert de contexte, elle transforme en une dialectique politique, parfois teintée d'un humour absurde. L'exposition individuelle du Migros Museum für Gegenwartskunst se concentre pour la première fois sur les travaux de Young en lien avec le droit et présente des oeuvres qui thématisent le «droit» comme une forme séparée de la «réalité» avec ses propres subjectivités et points de rupture.

La confrontation de Young avec le droit en tant que «médium artistique» - comme elle le nomme - est à rapprocher de sa conviction selon laquelle la constitutionnalité est la seule limitation efficace du pouvoir des grandes entreprises. Pourtant, son intérêt pour une «exploration du droit en tant qu'espace conceptuel et abstrait» va bien plus loin que des documents juridiques existants : il s'étend à des thèmes plus vastes tels que la discipline, le pouvoir et les jugements ou encore à la question du droit à l'autonomie de l'individu ou à celle du pouvoir d'action. Young travaille souvent avec une équipe d'avocats pour donner à ses oeuvres une base juridique et leur conférer une crédibilité.

Dans la vidéo Uncertain Contract (2008), on voit un acteur interpréter des formules juridiques extraites d'un contrat commercial. Les clauses spécifiques du contrat ont été omises, donnant ainsi un contrat «incertain» dont la signification reste soumise à interprétation. Le fond blanc de la salle de répétition rappelle aussi bien le White Cube de la salle d'exposition que l'apparence de documents juridiques, alors que les actions tarabiscotées de l'acteur se réfèrent à l'aspect performatif du droit.

Dans son oeuvre Counter Offer, réalisée en 2008, Young inscrit sous le titre «Offer» («Offre») la phrase «I offer you liberty» («Je vous offre la liberté»). Cette offre est aussitôt explicitée par l'ajout suivant : «This offer will be automatically withdrawn on the making of a counter offer» («Cette offer sera automatiquement annulée en présence d'une contre-offre») et «Any counter offer is hereby rejected» («Toute contre-offre sera rejetée»). Sur un formulaire annexe, on lit simplement sous le titre «Counter Offer» («Contre-offre») : «I offer you justice» («Je vous offre la justice»). À travers ce procédé de négation linguistique qui ressort seulement à la lecture, le potentiel de tension entre ces deux idéaux est accentué.

La nouvelle oeuvre We the People (after Pierre Cavellat) (2013) est une oeuvre photographique de grand format. Elle montre une robe de juge et la perruque l'accompagnant suspendues à un fil à linge dans un jardin. La photographie se rapporte à Pierre Cavellat, magistrat et passionné d'art qui réalisait ses oeuvres à la dérobée dans la cour d'audience, et à un instantané que Cavellat prit lors de son départ à la retraite. Young compare le rôle officiel du juge à la sphère vulnérable et privée du corps, alors que la manière dont est présentée la tenue de travail évoque un moment de subordination et de servitude.

Dans Obsidian Contract (2010), on retrouve un texte juridique écrit à l'envers et renvoyé par un miroir noir - un objet ayant une longue tradition dans la magie et dans les sciences occultes de nombreuses cultures. À l'époque romantique, les peintres de paysage utilisaient ce moyen pour conférer une ambiance dramatique à leur motif. Le texte visible dans le miroir offre une surface d'exposition, terre nouvelle que le public s'approprie et dans laquelle des activités considérées comme illégales à différentes époques sont autorisées, comme par exemple l'élevage en plein air d'animaux ou certaines activités sexuelles.

Report of the Legal Subcommitte (2010) est une impression représentant une carte céleste ainsi qu'une transcription de l'une des plus récentes réunions des Nations Unies, au cours de laquelle diverses délégations internationales exprimèrent leur frustration quant aux quarante années de constants efforts pour élaborer une définition juridique de l'espace. Ce communiqué semble détenir un grand potentiel poétique et comique : les tentatives humaines de bureaucratiser et de contrôler l'espace et l'apparente frustration face à une échelle de mesure inconcevable et face aux mystères de cette infinie profondeur. Aussi bien ici que dans la globalité de son oeuvre, Young a une approche critique des institutions, utilisant le contexte artistique davantage comme plateforme que comme sujet, afin de détourner le regard sur les points de rencontre entre monde des affaires et monde du droit. À cette fin, l'artiste s'appuie sur des concepts précédemment utilisés pour attirer l'attention sur un monde lointain fait de restrictions et de règles envahissantes, composantes d'une économie globalisée.

Carey Young a réalisé de nombreuses expositions individuelles notamment au Quartier - Centre d'art contemporain de Quimper (2013), à la Paula Cooper Gallery à New York (2010), au Contemporary Art Museum à Saint Louis ainsi qu'au Power Plant de Toronto (toutes deux en 2009). Elle participa à la Biennale de Taipei en 2010, à celle de Moscou en 2007, à celle de Sharjah en 2005 et en 2003 à celle de Venise. En outre, certaines de ses oeuvres furent présentées au San Francisco Museum of Modern Art (2012), au New Museum (2011) et au MoMA/PS1 à New York (2010) ainsi qu'à la Tate Britain de Londres (2009-2010) et à la Tate de Liverpool (2013).

Catalogue:

Dans le cadre de l'exposition, une monographie intitulée Subject to Contract et publiée chez JRP|Ringier offre une vision d'ensemble des travaux de Carey Young de 2003 à 2013, avec des articles de Martha Buskirk, de Rapahel Gygax et de Tirdad Zolghadr. Commissaire: Raphael Gygax, Commissaire, Migros Museum für Gegenwartskunst

Conférence de presse:

30 août 2013, 11 h

Contact:

Pour toute information complémentaire et pour les visuels, prière de
s'adresser à René Müller, chef du service de presse et des relations
publiques: rene.mueller@mgb.ch, T +41 44 277 27 27



Plus de communiques: Migros-Genossenschafts-Bund Direktion Kultur und Soziales

Ces informations peuvent également vous intéresser: