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Discours Suisse - Enseignement des langues étrangères à l'école - Le futur des petits Tessinois ne se conjuguera pas en anglais

Discours Suisse - Enseignement des langues étrangères à l'école - Le futur des petits Tessinois ne se conjuguera pas en anglais
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Par Gemma d'Urso, ats
Bellinzone (ats/ots) Comme il le fait depuis une trentaine
d'années, le Tessin continuera à prôner l'enseignement du français
dès la 3ème primaire. Mais le canton exprime ses réserves sur
l'introduction d'une seconde langue étrangère dès la 5ème.
La proposition dans ce sens, formulée le 25 mars dernier par la
Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique
(CDIP), ne plaît pas vraiment aux autorités tessinoises.
"Le canton du Tessin", explique Diego Erba, responsable de la
section des écoles, "continuera à accorder la priorité aux langues
nationales face à l'anglais. En tant que minorité linguistique, nos
sensibilités et nos nécéssités sont différentes de celles des
autres cantons suisses."
Tessin critique face à la proposition de la CDIP
"Le Tessin", poursuit Diego Erba, "est critique face à la
recommandation de la Conférence des directeurs cantonaux de
l'instruction publique. L'enseignement de deux langues étrangères à
l'école primaire nous semble exagéré. Nous ne devons pas oublier
que 20% de nos élèves environ ne sont pas italophones."
Gabriele Gendotti, directeur du département tessinois de
l'instruction publique est du même avis: "Le choix de la CDIP
d'introduire, dès 2012, une seconde langue étrangère à partir de la
5ème année primaire me paraît excessif. Cette option ne tient
compte ni de nos programmes, ni de la réalité culturelle du Tessin,
canton périphérique, qui tient à devenir partie intégrante du
pays."
Italianité en péril
Gabriele Gendotti reconnaît toutefois que des exceptions sont
prévues pour le Tessin et les Grisons. "Pour nous autres
Tessinois", ajoute M. Gendotti, "il est important de pouvoir
parler en français avec un Romand et en allemand avec un
Alémanique. Il m'arrive parfois d'assister à des entrevues durant
lesquelles un Genevois s'entretient en anglais avec un Zurichois.
Je trouve cela triste."
Autant Diego Erba que Gabriele Gendotti estiment que l'avenir de
la langue italienne en Suisse est en péril. A part les Grisons où
l'italien est enseigné dès l'école primaire parce qu'il est l'une
des trois langues officielles du canton, le canton d'Uri était le
seul à avoir introduit l'italien comme première langue étrangère
dès la quatrième primaire. Dès 2005, l'anglais prendra la relève.
"L'italien a toujours été la roue de secours, il le deviendra
encore plus" regrette M. Erba. Le directeur tessinois de
l'instruction publique renchérit: "En Suisse, l'italien est laissé
pour compte. Nous ferons l'impossible pour défendre et promouvoir
notre langue, à tous les niveaux. Mais la structure fédéraliste en
matière d'enseignement ne nous aidera pas à défendre notre
position."
La solidarité nationale reste une valeur
La cohésion nationale est-elle dès lors en péril? "Je ne crois
pas que la décision de la CDIP mette en danger la cohésion
nationale qui est le fruit d'un long parcours profondément ancré
dans notre tradition et notre culture" estime M. Gendotti.
Il ajoute: "Pour ce qui est de l'enseignement des langues en
Suisse, la cohésion fait un peu défaut. Apprendre une langue
étrangère ne doit pas uniquement servir à commander un café ou à
lire un journal mais aussi à connaître et comprendre d'autres
cultures, d'autres réalités, d'autres modes de vie. Nous devons
défendre ce genre de valeurs et je crois que la solidarité
nationale a encore cours en Suisse."
Le français et l'allemand maintiennent leur position
Comme c'est le cas depuis les années 70, les petits Tessinois
apprennent le français dès la 3ème primaire. Jusqu'en 5ème, ils se
contentent surtout d'une approche orale à la langue, enseignée à
raison de deux à quatre heures hebdomadaires selon les degrés.
L'allemand est introduit, comme deuxième langue étrangère, dès
la 2ème secondaire. Dès la 3ème secondaire, le français devient une
langue à option tandis que l'allemand reste obligatoire jusqu'à la
fin de la scolarité.
Troisième langue étrangère enseignée au Tessin, l'anglais fait
son apparition, comme branche obligatoire, à partir de
l'avant-dernière année d'école lorsque les élèves qui le souhaitent
peuvent remplacer le français par le latin.
Et Diego Erba de conclure: "Le Tessin comptait beaucoup sur le
projet de loi sur les langues abandonné par le Conseil fédéral.
Notre canton tient à cette nouvelle loi qui est importante pour
l'entente nationale. Nous espérons que le gouvernement reverra sa
position. Autrement l'italien risque d'être complètement
marginalisé et ce serait dramatique!"
NOTE: Cet article est diffusé dans le cadre de la série
"Discours Suisse". Celle-ci a pour objectif de promouvoir la
compréhension entre les communautés linguistiques de Suisse. Elle
est le fruit d'une collaboration entre Forum Helveticum, Netzwerk
Müllerhaus et l'ats. Vous trouvez de plus amples informations sous
www.discours-suisse.ch. Suit encadré

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Tél. +41/62/888'01'25
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