FRAGILE Suisse demande la prise en charge du suivi neuropsychologique par l'assurance-maladie de base
Des patients privés d'un important suivi
Lausanne (ots) - Selon les victimes elles-mêmes, mieux vaut avoir
eu une lésion cérébrale à la suite d'un accident que d'une maladie.
Alors que les conséquences sont souvent les mêmes, les patients
bénéficient d'un suivi qui varie selon l'origine de la lésion. C'est
cette « inégalité juridique » que le conseiller national Jacques
Neirynck veut corriger au moins pour le diagnostic
neuropsychologique. L'association FRAGILE Suisse soutient sa motion,
mais va plus loin: la prise en charge de la neuropsychologie par
l'assurance-maladie doit comprendre le suivi des patients, sans
dépendre de l'avis du médecin-conseil de l'assurance.
Les lésions cérébrales sont les causes les plus fréquentes de
handicap chez les adultes. Qu'elles soient provoquées par un accident
ou par une maladie, elles affectent les victimes dans ce qu'elles ont
de plus intime. L'identité de la personne, ses facultés, ses projets
de vie basculent d'un instant à l'autre.
Maillon essentiel dans la réhabilitation des victimes de lésions
cérébrales, la neuropsychologie est prescrite pour détecter et
traiter des troubles cognitifs et comportementaux.
Si l'origine de la lésion est accidentelle et que la victime est
salariée au moment des faits, les séances de neuropsychologie peuvent
être poursuivies sur prescription médicale en ambulatoire. Ce suivi
permet de favoriser la réinsertion professionnelle de la victime,
d'augmenter son autonomie et d'éviter des réactions dépressives.
Il en va tout autrement lorsque les troubles sont dus à une
maladie, par exemple à une attaque cérébrale. La neuropsychologie ne
figurant pas dans la liste des prestataires de soins remboursés par
l'assurance-maladie de base, les patients ne pourront pas bénéficier
de ce suivi.
En septembre dernier, Jacques Neirynck déposait une motion dans
laquelle il demande que la neuropsychologie soit reconnue comme
prestataire de soins habilité à exercer à charge de la LAMal. Selon
cette motion, l'assurance de base prendrait en charge le diagnostic
neuropsychologique à hauteur maximale de 14 heures, le suivi du
patient devant ensuite dépendre de l'approbation du médecin-conseil
de l'assurance.
FRAGILE Suisse soutient les deux premières exigences de cette
motion. Mais elle demande en outre que les patients aient un accès
équitable, sur prescription médicale de leur médecin traitant, à un
suivi neuropsychologique.
Privées de suivi, les victimes de lésions cérébrales sont menacées
de désinsertion socioprofessionnelle. L'exclusion de la
neuropsychologie par l'assurance-maladie de base revient ainsi à
entériner d'importants coûts pour la société et les autres branches
d'assurances sociales. L'assurance-maladie elle-même ne réalise pas
des économies, puisqu'elle devra assumer les frais d'institutions
médicalisées ou de soins à domicile pour les victimes qui, faute de
suivi, n'ont pas récupéré leur autonomie.
Plus d'informations dans le numéro de mars 2010 du Journal de
FRAGILE Suisse, pp. 20 - 21.
http://www.fragile.ch/index.cfm?nav=1,48,5,492&SID=1&DID=1
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