Schweizerischer Nationalfonds / Fonds national suisse

FNS: Image de la recherche: Une représentation paléochrétienne du thème de Jonas

Le cycle de Jonas tel qu'il est peint sur la paroi gauche de la chambre funéraire n. 25 de la catacombe de Callixte à Rome, laquelle date environ du deuxième quart du 3ème siècle ap. J.-C. © J. Wilpert: Die Malereien der Katakomben Roms, Fribourg-en-Brisgau 1903/FNS

    Bern (ots) -

    - Indication: Des images peuvent être téléchargées sous:
        http://www.presseportal.ch/fr/pm/100002863 -

    Le cycle de Jonas, métaphore du salut chrétien

    L'art funéraire en dit long sur la manière dont les civilisations envisagent la mort. Pour exprimer leurs croyances à ce sujet et permettre à leurs défunts d'entrer dans l'au-delà accompagnés d'un message de salut, les premiers chrétiens ont très souvent utilisé le thème biblique de Jonas. L'archéologue Sophie Romanens a étudié ses figurations dans les catacombes et les cryptes paléochrétiennes de Rome.

    Quel mystère le récit biblique de Jonas renferme-t-il ? Pourquoi a-t-il connu une vogue incomparable auprès des premiers chrétiens, qui l'ont utilisé pour décorer des plats, des tissus et d'autres objets de la vie quotidienne, mais aussi, et surtout, des chambres funéraires et des sarcophages ? De quoi piquer la curiosité de l'archéologue Sophie Romanens. Soutenue par le Fonds national suisse (FNS), cette chercheuse a pu séjourner à Rome pour étayer ses recherches sur les «Représentations de Jonas dans l'art paléochrétien».

    C'est vers le deuxième quart du 3e siècle que ce thème apparaît dans l'art chrétien. On le trouve notamment dans la catacombe romaine de Callixte, dans la chambre funéraire n. 25, laquelle date de cette période environ et compte donc parmi les plus anciens monuments comportant des images du livre de Jonas. Sur la paroi gauche de cette chambre funéraire, le récit tiré de la Bible est résumé en trois scènes. La première montre Jonas jeté à la mer par l'équipage du bateau sur lequel il avait embarqué après avoir désobéi à Dieu qui lui avait demandé d'annoncer la destruction de Ninive ; la deuxième s'arrête sur Jonas vomi par le monstre marin ; la troisième, enfin, représente Jonas allongé sous la plante que Dieu a fait pousser pour son repos.

    Message symbolique S'il apparaît parfois sous une forme incomplète, ne comportant que deux, voire une seule scène, le thème de Jonas est toujours empreint d'un message symbolique très fort. Ses trois épisodes peuvent en effet être interprétés comme signifiant la mort, la résurrection et l'au-delà bienheureux, indique la chercheuse. Or ces trois phases entrent en résonance parfaite avec la conception chrétienne du salut, qui elle aussi se décline en trois phases: mort, résurrection et accession au paradis. Perdurant jusque dans les premières décennies du 4e siècle, le succès des représentations de Jonas dans les catacombes des premiers chrétiens est d'autant plus significatif que les thèmes représentés sous forme de cycle sont rares dans l'art paléochrétien.

    A l'inverse, le cycle de Jonas forme un programme décoratif qui se distingue par sa cohérence. A ce titre, il peut servir de fil conducteur pour interpréter les autres images funéraires qui ornent les cryptes et les sarcophages paléochrétiens. Souvent considérées comme une réunion de scènes dépourvues de sens précis, ces peintures manifestent dans certains cas une signification d'ensemble que Sophie Romanens s'est également attachée à dégager. Son travail permet donc de mieux comprendre non seulement la manière dont ces décors funéraires ont été pensés, mais aussi les intentions qui ont pu guider leur réalisation. A travers elles, c'est l'importance de l'idée de salut pour les premiers chrétiens que l'on voit apparaître. Et par là même, c'est un aspect capital de leurs croyances qui se trouve être mis en lumière.

    Le texte et la photo (en haute résolution) peuvent être téléchargés sur la page Internet du Fonds national suisse sur: www.snf.ch > Médias > Image de la recherche

Contact: Sophie Romanens Université de Fribourg Institut des Sciences de l'Antiquité et du monde byzantin Rue Pierre-Aeby 16 1700 Fribourg Tél.: +41 79 502 39 68 e-mail: sophie.romanens@unifr.ch



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