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FNS: Image du mois juin 2007: La résine, antibactérien préféré des fourmis

FNS: Image du mois juin 2007: La résine, antibactérien préféré des fourmis
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Berne (ots)

Taux de survie multiplié par deux
La résine, antibactérien préféré des fourmis
Quatre ans après avoir démontré que les fourmis des bois utilisaient 
de la résine contre des bactéries et des champignons pathogènes, des 
chercheurs de l'Université de Lausanne, soutenus par le Fonds 
national suisse, prouvent que grâce à cette stratégie, elles sont 
deux fois plus nombreuses à survivre. C'est la première fois que 
l'on met en évidence qu'une substance végétale collectée par des 
animaux sauvages augmente leur taux de survie quand ils sont exposés 
à des pathogènes.
Cela fait des années que Michel Chapuisat et Philippe Christe, 
chercheurs au Département d'Ecologie et d'Evolution de l'Université 
de Lausanne, les observent dans le Jura vaudois. C'est là que les 
fourmis des bois Formica paralugubris se livrent à un bien étrange 
ballet. Elles recueillent entre leurs mandibules des boulettes de 
résine (d'une taille pouvant atteindre 7 à 8 mm de diamètre) sur les 
épicéas voisins ou sur le sol. Puis, guidées par des pistes 
olfactives, elles les déposent un peu partout dans leur fourmilière.
La stratégie n'est pas sans rappeler des observations menées dès les 
années 1980, montrant des oiseaux qui garnissent leur nid de 
matériel végétal contenant des substances volatiles ayant des effets 
antiparasitaires. Or, ceci est bien le cas pour la résine, comme 
l'avaient déjà mis en évidence Michel Chapuisat et Philippe Christe 
en 2003. "Notre article montrait que la résine diminue le nombre de 
bactéries et de champignons présents dans le nid. Mais jusqu'à 
présent aucun travail n'avait relevé d'effet clair à la fois contre 
les parasites et sur la survie", rappelle Michel Chapuisat. Une 
lacune désormais comblée. Avec leurs collègues Anne Oppliger du 
Département Universitaire de Médecine et Santé Communautaires de 
Lausanne et Pasqualina Magliano, le duo d'écologistes vient de 
publier ses résultats dans les Proceedings of the Royal Society B*.
Les chercheurs se sont intéressés à deux sortes de pathogènes fort 
célèbres dans le monde de la biologie: la bactérie Pseudomonas 
fluorescens et le champignon Metarhizium anisopliae. Même si elle 
est généralement considérée comme bénigne, P. fluorescens présente 
une toxicité variable selon les lignées. L'une d'elles s'avère 
mortelle pour les larves et les pupes de moustiques, tandis qu'une 
autre tue des larves de coccinelle. Quant à M. anisopliae, très 
répandu en Suisse, ses spores germent sur la cuticule de nombreuses 
espèces d'insectes (sauterelles, coléoptères, moustiques, etc.) 
dont, bien sûr, les fourmis des bois.
Or, la résine inhibe la croissance des deux micro-organismes, ainsi 
que l'ont confirmé des tests in vitro entrepris par Michel Chapuisat 
et ses collègues. Même si le mode d'action précis de la résine n'est 
pas formellement identifié, il est à chercher du côté des composés 
volatiles relâchés par la sève ambrée qui freinent la prolifération 
des bactéries et des champignons. De plus, la résine étant riches en 
terpènes et autres composés oléiques, son spectre d'application 
pourrait s'étendre à d'autres micro-organismes. La protection 
offerte, particulièrement pendant le stade larvaire, augmente très 
probablement la productivité des colonies qui peuvent vivre 
plusieurs dizaines d'années.
La population de fourmis, prélevée dans huit nids du Jura vaudois, 
se composait d'une septantaine de reines et de milliers d'ouvrières. 
Les nouveaux nés de la colonie ont été soumis à différents 
traitements. Les résultats sont éloquents: "Le taux de survie des 
adultes et des larves exposés aux bactéries Pseudomonas fluorescens 
est environ deux fois plus élevé en présence de résine. Ceci est 
également vrai pour les larves exposées au Metarhizium, précise 
Philippe Christe. C'est la première fois que l'on prouve que la 
collecte de substances d'origine végétale par des animaux sauvages 
augmente leur survie quand ils sont exposés à des pathogènes." En 
l'absence de pathogène en revanche, la sève de conifère n'a aucun 
effet sur les fourmis, ni positif, ni négatif.
Le recours aux propriétés médicinales de la résine ne se limite 
cependant pas aux fourmis. Des abeilles en feraient également usage, 
en colmatant les fentes des ruches avec de la "propolis", une sorte 
de résine extraite des bourgeons et des écorces de certains arbres. 
Mais personne n'en a pour l'instant montré d'effet positif sur la 
survie des abeilles.
Pour en savoir plus:
*article original: 
http://www.journals.royalsoc.ac.uk/content/g1474wn472704033/
Contact :
Dr Michel Chapuisat
Département d'Ecologie et d'Evolution
Biophore, Quartier Sorge
Université de Lausanne
CH-1015 Lausanne 
e-mail:  michel.chapuisat@unil.ch
tél: +41 (0)21 692 41 78
fax: +41 (0)21 692 41 65
Dr Philippe Christe
Département d'Ecologie et d'Evolution 
Université de Lausanne 
Biophore, Quartier Sorge 
CH-1015 Lausanne
e-mail:philippe.christe@unil.ch 
tél: +41 (0)21 692 41 57
fax: +41 (0)21 692 41 65
Le texte et l'image de cette information peuvent être téléchargés 
sur le site web du Fonds national suisse: http://www.snf.ch > F > 
Médias > Image du mois

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