Caritas tire le bilan de la fin de l'année: Augmentation des inégalités de répartition des revenus et de la fortune

Lucerne (ots) - En 2010, l'économie suisse s'est mieux portée qu'attendu. Mais les classes de revenus inférieurs, les personnes pauvres et nécessiteuses n'en ont pas du tout profité. Dans son Almanach social 2012, qui vient de paraître, Caritas fait l'état des lieux de l'évolution économique et sociale: les conditions de travail précaires sont en augmentation et le transfert social en cours jusqu'ici ne suffit pas à garantir une politique sociale équitable.

Dans les pays voisins, la dette de l'État explose, mais en Suisse, le budget 2010 de l'État se clôt sur un excédent de 3,6 milliards de francs. On attend un excédent pour 2011 également. Malgré de fortes turbulences sur les marchés financiers européens, l'économie suisse a évolué positivement de manière générale.

Pourtant, Regula Heggli, responsable de la politique sociale chez Caritas Suisse, fait de la situation un portrait mitigé dans son rapport de l'évolution sociale et économique de la Suisse en 2010/2011. Malgré une évolution économique favorable et des perspectives qui restent positives, la Suisse se trouve confrontée à toute une série de défis. Trop de gens ne peuvent pas vivre du revenu de leur travail. Le nombre de chômeurs de longue durée reste élevé alors même que les entreprises souffrent du manque de personnel qualifié. Et surtout, l'inégalité de répartition des revenus et de la fortune s'est massivement accrue.

Dans le classement des pays 2010 du Crédit Suisse, la Suisse se trouve en troisième position de la plus mauvaise place pour ce qui concerne l'inégalité de revenus, juste devant Singapour et la Namibie. En Suisse, le 3% des contribuables privés dispose d'un revenu net égal aux 97% des autres contribuables. D'ailleurs, cette inégalité de la répartition des revenus ne cesse de s'accroître: entre 1997 et 2008, le nombre de personnes gagnant plus d'un million de francs par an a été multiplié par cinq, alors même que le revenu brut moyen n'a pratiquement pas bougé depuis 1998. On peut en conclure que l'écart se creuse fortement entre les ménages à faible revenu et les ménages à revenu élevé.

Selon l'Office fédéral de la statistique, entre 8 et 14,6% de la population suisse est menacée de pauvreté. Le risque est particulièrement élevé pour les personnes peu qualifiées, les personnes élevant leurs enfants seules, les familles ayant beaucoup d'enfants et les femmes, surtout celles qui sont d'origine étrangère. En un mot: les groupes de populations les plus vulnérables n'ont pas profité de l'accroissement de la richesse de la société.

Au contraire, ces groupes doivent même accepter certaines pertes sensibles. Par exemple, la qualité de la prise en charge des soins dépend de plus en plus d'un système à plusieurs vitesses dans lequel les personnes pauvres sont nettement défavorisées. L'accès au logement dépend fortement du revenu, et dans de nombreuses villes suisses, il devient désormais presque impossible aux familles à faible revenu de trouver un logement financièrement accessible. Enfin, les conditions de travail se précarisent elles aussi: en 2002, elles concernaient 2,9 % des emplois, en 2008, elles concernent 3,3% des emplois.

Cette évolution est choquante et inquiétante, selon Regula Heggli, d'autant qu'une répartition équitable du bien-être n'est pas seulement une affaire de valeurs morales de solidarité, mais est également garante de la stabilité économique et politique d'un pays. «Lorsque l'écart se creuse entre les pauvres et les riches, c'est une perte pour la société tout entière», argumente-t-elle; et de renvoyer à des études britanniques: «La qualité de vie et le bien-être de tous s'améliorent lorsque les inégalités diminuent.»

Almanach social 2012

L'Almanach social de Caritas faisant l'état des lieux de la situation sociale de la Suisse est disponible (seulement en allemand) auprès de info@caritas.ch, ou par téléphone au numéro 041/419'22'22. Point fort de cette année: la pauvreté des enfants.

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Suisse
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